Deux demandeurs de logements sur trois veulent un habitat neuf

La demande effective d’habitats atteint 1,4 million d’unités en milieu urbain. Elle est susceptible de s’orienter dans sa grande majorité vers la promotion immobilière.

Après avoir passé au crible le parc national de logements à travers une étude dévoilée il y a quelques semaines, le ministère de l’habitat révèle une deuxième enquête sur la demande en habitat. Celle-ci, menée entre juin et octobre dernier, fait ressortir une demande de près de 1,4 million d’unités, tous types d’habitats confondus (villas, appartements, maisons marocaines…), en précisant que l’on ne retient ici et pour la suite que le milieu urbain. Notons bien qu’il s’agit là de demandeurs réellement susceptibles de concrétiser des transactions alors que les chiffres habituels du ministère de tutelle ne renseignent que sur un besoin théorique. L’enquête de l’Habitat affine plus encore ce chiffre en distinguant entre la demande immédiate et celle différée (horizon de concrétisation entre 1 et 5 ans voire plus). La première est évaluée à un peu plus d’un million de logements et la seconde se monte à près de 312000 unités. On ne sera pas en outre étonné d’apprendre que les régions de Casablanca, Marrakech, Rabat, Tanger et Fès concentrent près de 78% de la demande totale en milieu urbain.

Plus de la moitié de la demande se donne un budget inférieur à 250 000 DH

En somme, la demande effective est consistante et plusieurs indicateurs attestent qu’elle est susceptible dans sa plus grande partie de s’orienter vers les promoteurs immobiliers. En effet, dans leur grande majorité (86%), les demandeurs de biens veulent un logement plutôt qu’un terrain, ce qui peut étonner quand on connaît la prédominance de l’auto-construction au Maroc. L’appartement arrive en tête des préférences puisqu’il intéresse 58% des foyers. Ce qui est plus encore prometteur pour le business des professionnels de la promotion c’est que les deux tiers des demandeurs ciblent un habitat neuf.

Le tout est, bien sûr, de coller à la demande, et l’enquête de l’Habitat fournit de précieuses indications dans ce sens. En termes de prix, plus de la moitié de la demande (51%) se donne un budget inférieur à 250 000 DH, ce qui amène à s’interroger sur le peu d’engouement pour le logement social alors que ce segment semble encore correspondre au budget de l’essentiel des acquéreurs potentiels. Notons aussi que le quart des ménages envisage un budget entre 260 000 DH et 400 000 DH et 20% peut aller jusqu’à 950 000 DH. Au final, tout juste 5% de la demande est disposée à dépasser le million de DH. S’ils veulent faire mouche, les promoteurs ont en outre intérêt à privilégier les 3 à 4 pièces d’une superficie de 50 à 80 m2, ce type de produits étant ciblé par plus des deux tiers des ménages demandeurs. Si l’on sait par ailleurs que les équipements publics constituent une priorité pour les demandeurs, l’enquête de l’Habitat permet de hiérarchiser l’intérêt porté à ces éléments. Ainsi, les établissements d’enseignement arrivent en tête de liste (60%), suivis par les équipements de santé (47%), les souk et commerces (45%) ainsi que les transports en commun (42%).

Néanmoins, s’il souhaite profiter convenablement du marché qui s’offre à lui, le secteur privé de la promotion doit redorer son blason. En l’état actuel des choses, seuls 21% des demandeurs envisagent de s’adresser aux grandes sociétés privées, et on leur préfère nettement les sociétés publiques, privilégiées par 43% des ménages.