Anis Birou : «Les nouvelles générations optent pour l’immobilier destiné à l’investissement»

Tout membre de la communauté marocaine qui s’estime lésé en raison de la non-conformité du produit immobilier acquis à la promesse de vente conclue est en mesure de déposer sa réclamation auprès de la cellule du traitement des requêtes.

Anis-BirouLe temps passe et les générations se succèdent, et nous constatons que la communauté marocaine résidant à l’étranger est toujours aussi intéressée par l’acquisition d’un bien immobilier au Maroc, comment vous expliquez cela en tant que ministère ?

L’acquisition d’un logement au Maroc est l’une des composantes fondamentales de l’attachement des MRE à leur pays d’origine. Le sentiment d’appartenance au pays exerce, à cet égard, un effet positif sur l’option des MRE à investir davantage dans leur pays d’origine. En effet, au fil des années, l’engouement de la communauté marocaine résidant à l’étranger pour l’achat d’un bien immobilier au Maroc est toujours en progression. Outre le leitmotiv des premières générations et leur souci de se porter acquéreur d’une demeure pour s’installer définitivement au pays, les nouvelles générations optent pour l’immobilier destiné à l’investissement.

Si la majorité de nos concitoyens résidant à l’étranger est effectivement satisfaite de ses transactions immobilières, il y en a tout de même qui se plaignent d’avoir été lésés, par exemple de différences flagrantes entre les promesses des promoteurs et la réalité des biens livrés au final, et bien entendu ils se tournent vers votre département, est-ce que cela arrive fréquemment ?

L’assistance et l’appui des MDM dans leurs démarches administratives et procédures juridiques, y compris lors de l’acquisition d’un bien immobilier, est l’une des priorités du ministère. Ainsi, tout membre de la communauté marocaine qui s’estime lésé en raison de la non-conformité du produit immobilier acquis à la promesse de vente conclue est en mesure de déposer sa réclamation auprès de la cellule du traitement des requêtes. A défaut d’un règlement amiable avec le promoteur public ou privé, le ministère saisit les acteurs institutionnels. Néanmoins, conscient de l’importance de l’accès à l’information  il s’investit aussi dans la sensibilisation juridique des MRE pour les prémunir contre tous les risques qui peuvent surgir tout au long de la transaction immobilière.

Que faudrait-il, selon vous, que les professionnels de l’immobilier fassent concernant  la communauté marocaine à l’étranger à cette occasion ?

Les SMAP immobiliers sont devenus des rendez-vous incontournables où MRE et promoteurs immobiliers se rencontrent pour sceller des contrats de vente et d’achat.

Pour ce faire, les exposants doivent adapter leur offre immobilière aux exigences de cette catégorie d’acquéreurs, non seulement au niveau de la qualité mais aussi et surtout au niveau de la fluidité et de la transparence de la transaction immobilière.

Certes, pour leur crédibilité, les promoteurs sont tenus d’honorer leurs engagements vis-à-vis de la communauté marocaine à l’étranger. Outre la qualité du produit immobilier, ils doivent éviter d’inciter nos ressortissants à signer des compromis de vente portant sur un bien immobilier dépourvu de permis d’habiter, ou du moins s’abstenir de percevoir des avances sur des biens qui sont en cours d’état d’achèvement.

Qu’en est-il des liens ou des relations avec les associations représentant les Marocains du monde ?

Les mutations profondes et significatives qu’a connues la communauté marocaine résidant à l’étranger, en particulier aux plans démographique, économique  et  social, ont imposé une nouvelle approche stratégique pour la prise en charge de ses spécificités,  ses préoccupations et ses problématiques. S’inscrivant dans cette démarche, le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger a mis en place une stratégie visant à soutenir et accompagner les Marocains du monde pour mieux répondre à leurs besoins et satisfaire leurs exigences en développant un programme de partenariat avec les associations MDM, notamment à travers la réalisation conjointe d’activités ciblées et répondant à des problématiques précises.  Ainsi, la mise en place d’un programme d’appel à projets reflète cette volonté du ministère de construire de véritables projets de partenariat avec le tissu associatif émanant des migrants marocains, une démarche novatrice impliquant le maximum d’acteurs territoriaux, dans les pays d’accueil comme au Maroc. La relation avec les  associations MDM s’articule autour de 3 volets : Un programme de mobilisation de ces associations pour la réalisation de projets en faveur des MDM, un programme pour le renforcement des capacités des associations MDM et la mobilisation des associations MDM pour le développement local au Maroc. Conscient  du dynamisme de la société civile MDM, le ministère vise aussi à associer ce potentiel riche et important, de manière active et dynamique, au processus de développement durable du pays, au même titre que toutes les autres composantes de la société marocaine.

Où en sont les choses concernant le processus de faciliter à nos concitoyens expatriés l’accès, partout au Maroc, aux services et prestations administratives durant le temps limité des vacances estivales ?

Le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration a entrepris une série d’initiatives visant à faciliter et à simplifier les procédures administratives aux Marocains du monde lors de leur séjour en été. Afin d’assurer un meilleur traitement de leurs doléances administratives tous les départements et institutions concernés, notamment les ministères de l’intérieur, de la justice et des libertés, de l’économie et des finances, de l’habitat et de la politique de la ville, des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration, ainsi que le Fondation Hassan II, ont généralisé la mise en place d’unités de permanence qui recueillent et traitent les réclamations des MRE en été.