Il a plu partout au Maroc, plus que l’année dernière et la moyenne des trente dernières années

Les précipitations sont dues à  un phénomène rare qui s’arrête normalement au Sénégal et à  la Mauritanie. Des records ont été enregistrés dans le Sud, le Souss, le Nord et le Gharb, avec de rares déficits dans certaines villes.

Les premières perturbations automnales ont donné des précipitations abondantes et générales durant la troisième décade du mois de septembre. A part de rares exceptions, l’ensemble du pays a été arrosé et largement au-dessus de la normale observée sur les trente dernières années. Et puis, il a plu plus que l’année dernière, en tout cas en ce début de saison.

Si on brosse un tableau pluviométrique par région, la palme revient à Kénitra dans le Gharb avec plus de 130 mm, soit plus de sept fois le niveau moyen des 30 dernières années. Elle est suivie de Taroudant avec 115 mm ou 50 fois le niveau normal, puis de Chefchaouen qui a enregistré 95 mm, soit plus de trois fois la normale. Mais globalement, toutes les régions agricoles ont été arrosées plutôt généreusement, avec des niveaux de précipitations à deux chiffres dans la plupart des cas, parfois même dans certaines provinces du Sud et de l’Oriental. Seules cinq régions qui, même en ayant été touchées par des précipitations, ont enregistré un déficit plus ou moins important par rapport à la normale. Il s’agit de Tétouan (-14%), Taourirt (-37%), Mohammédia (-33%), Midelt (-27%) et Errachidia (-31%).

La rumeur sur la tempête Nadine est infondée

Qu’est-ce qui nous valu cette importante manne de pluies bénéfiques ? En fait, une rumeur a circulé ces derniers jours colportant la peur que le pays soit touché par la tempête tropicale appelée Nadine qui avait sévi à 1 200 km au sud-ouest des îles des Açores. Les précipitations de fin septembre auraient, selon cette rumeur, émané de cette tempête. Il n’en est rien dans la réalité, le typhon était à plus de 2 000 km de chez nous. Mohamed Belaouchi, directeur de la communication de la Météorologie nationale, explique que contrairement à ce qui se passe d’habitude, ce régime pluvieux est consécutif à ce qu’on appelle une perturbation venant du front intercontinental qui, en principe, s’arrête au Sénégal ou en Mauritanie au maximum. Cette année, elle n’a pas faibli et a continué sa route jusqu’au Haouz, en occasionnant même des inondations limitées à Dakhla. Pour M. Belaouchi, le Maroc a bénéficié de quantités importantes de pluie mais a toutefois été épargné par les inondations comme pour l’Andalousie notamment.

Quoi qu’il en soit, la saison ne fait que commencer et il faut espérer que cela ne soit qu’un bon début. Mais la Météorologie nationale ne prévoit aucune averse jusqu’au 10 octobre, à part quelques passages nuageux et, au mieux, quelques gouttes au Sud de la chaîne de l’Atlas.