Huit femmes sur dix n’ont accès à aucune source de revenu

Un programme destiné à l’autonomisation des femmes est mis en œuvre dans les régions d’Ouarzazate et d’Essaouira. Il vise le développement des capacités et des connaissances techniques des agricultrices.

Améliorer la position de la femme dans la société, renforcer son autonomie, la protéger contre toute sorte de violence… Il ne se passe pas un mois sans qu’un programme élaboré pour cette catégorie de la population ne soit pas annoncé. C’est la preuve qu’il y a un énorme gap à combler. ONU Femmes Maghreb et Coca-Cola Maroc ont saisi l’occasion de la Journée internationale de la femme, pour présenter, le 9 mars à Rabat, leur programme d’«Appui à l’autonomisation des femmes rurales, à travers la promotion de la chaîne de valeur agro-écologique, pour une meilleure résilience au changement climatique». Le programme vise le développement des capacités et des connaissances techniques des femmes agricultrices, en matière de bonnes pratiques agro-écologiques adaptées au changement climatique ; ainsi que la formation de ces femmes dans la gestion et le management de leurs propres coopératives.

Fruit d’un partenariat public-privé, le projet consiste à accompagner plusieurs groupes de femmes agricultrices leaders dans les régions d’Ouarzazate et d’Essaouira (et prochainement d’Agadir), à travers la fourniture d’équipements, le conseil, la formation et le renforcement des compétences, afin de les aider à développer des activités génératrices de revenus.

Lors de l’évènement, la Secrétaire d’Etat chargée du développement durable, Nezha El Ouafi, a fait remarquer que «le changement climatique, la désertification, l’érosion de la biodiversité, ainsi que la raréfaction des ressources en eau et le manque d’infrastructures d’assainissement, affectent particulièrement les femmes».

Une cinquantaine de femmes ont déjà été aidées

Pour sa part, Mbarka Bouaida, Secrétaire d’Etat chargée de la pêche maritime, a rappelé que «l’approche genre a été intégrée, depuis 2008-2009, aussi bien dans le Plan Maroc Vert que dans le Plan Halieutis», précisant que le secteur de la pêche maritime compte aujourd’hui 153 coopératives dont 14 exclusivement féminine et 70 mixtes. Néanmoins, les chiffres du HCP font état d’une réalité alarmante. C’est ainsi qu’entre 2000 et 2014, le taux d’activité féminin a baissé de 17,6% à 14,7%. Quant au chômage des femmes, il était de 15,1% au troisième trimestre de 2017. Le programme d’appui à l’autonomisation des femmes rurales a démarré en juin 2017. Le montant alloué à ce projet est de près de 3 MDH (300000 dollars). Huit mois après son lancement, le programme a permis l’autonomie financière de 50 femmes agricultrices leaders dans les régions d’Ouarzazate et d’Essaouira.

Au titre de l’année 2018-2019, le programme cible 68 bénéficiaires directes, au sein des coopératives de Tilouine et Tinjdade, et 260 indirectes dans l’oasis de Tinjdade. Pour la troisième année (2019-2020), l’objectif est d’atteindre 80 bénéficiaires directes, au sein des coopératives d’Agadir, et 240 bénéficiaires indirectes dans la région d’Agadir-Taroudant. Au Maroc, l’autonomisation économique des femmes s’avère de plus en plus urgente. Alors qu’elles représentent 50,3% de la population, huit femmes sur dix (neuf sur dix en milieu rural) n’ont accès à aucune source de revenus, contre trois hommes sur dix. En outre, seulement 1% des femmes marocaines possèdent leurs propres terres. La disparité hommes-femmes n’est cependant pas l’apanage du Royaume. Selon les estimations, à l’échelle internationale, ce sont 42% des femmes qui ne sont pas intégrées au marché de l’emploi.