Huiles d’olive : la guerre contre le vrac est déclarée

Un programme de sensibilisation sur la consommation de produits conditionnés est lancé. 103 unités de trituration agréées par l’ONSSA depuis septembre 2013. La filière oléicole participe à hauteur de 6% dans la formation du PIB agricole.

Le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et la Fédération interprofessionnelle marocaine de l’olive (Interprolive) ont annoncé, le 21 décembre à Rabat, lors d’une conférence de presse conjointe, le lancement du premier programme de promotion des huiles d’olive de qualité sur le marché national. Son objectif est de favoriser la consommation d’huile d’olive étiquetée et disposant d’une autorisation sanitaire délivrée par l’ONSSA, sensibiliser l’opinion sur le risque sanitaire et les dangers de la commercialisation et de la consommation de l’huile d’olive en vrac (voir La Vie éco du 23 décembre 2016). Selon Rachid Benali, président d’Interprolive, «le programme de promotion en cours est une contribution pour encourager, aussi bien les opérateurs professionnels que les consommateurs, à œuvrer pour la reconversion progressive vers les huiles d’olive de qualité conditionnées, répondant à toutes les normes sanitaires requises». Il faut savoir qu’au Maroc l’huile d’olive est destinée à 97% au marché intérieur, dont 85% en volume est consommée en vrac et 15% sous forme conditionnée. Ce qui fait dire au président d’Interprolive que «cette situation interpelle l’ensemble des acteurs et dénote de l’effort considérable qu’il reste à fournir pour faire respecter la réglementation en vigueur».

La production d’huile prévue pour la campagne 2016-2017 est de 110000 t

Pour sa part, Amina El Hajjab, chef de division du contrôle des produits végétaux et d’origine végétale à l’ONSSA, a mis l’accent sur les actions de sensibilisation menées par son organisme, en vue de «garantir la sécurité sanitaire des huiles d’olive» mises sur le marché intérieur (qu’elles soient produites localement ou importées). Et d’expliquer que celles-ci doivent être en conformité avec les dispositions réglementaires en la matière.

A ce titre, les établissements opérant dans le secteur des huiles d’olive sont dans l’obligation de disposer d’une autorisation sanitaire délivrée par l’ONSSA et doivent être en mesure d’identifier leurs fournisseurs et leurs clients pour pouvoir assurer la traçabilité de leurs produits. L’obtention de cette autorisation donne lieu à l’attribution d’un numéro qui doit être affiché au niveau de l’étiquetage de l’huile d’olive et des documents de l’entreprise. C’est ainsi que, depuis le début, en septembre 2013, de l’opération d’octroi des agréments et des autorisations sanitaires aux établissements du secteur alimentaire, 103 unités de trituration d’olives ont obtenu l’autorisation sanitaire de l’ONSSA.

A noter que la filière oléicole participe à hauteur de 6% dans la formation du PIB  agricole et à hauteur de 15% aux exportations agroalimentaires nationales. En termes d’emplois, la filière représente plus de 47 millions de journées de travail par an, soit l’équivalent de 190 000 emplois permanents. De même qu’elle contribue, à hauteur de 20%, à la satisfaction des besoins du pays en huiles alimentaires et assure une rentrée moyenne en devises de l’ordre de 1,5 milliard de DH par an. D’après les dernières estimations, les productions d’olives de table industrielles et d’huile d’olive au titre de la campagne agricole 2016-2017 sont respectivement de 100 000 t et 110000 t. Le programme de promotion des produits oléicoles concerne l’ensemble des régions du Royaume et sera mis en œuvre sur une durée de trois ans. Son renouvellement dépendra des résultats obtenus, à l’issue de cette période.