Huile de table : les prix suspendus à  la récolte sud-américaine

Il faudra attendre le mois d’octobre pour en avoir une idée précise En 20 mois, le prix du litre a augmenté de 30% La consommation a baissé de 3 % par rapport à  2007.

Les prix des huiles de table n’augmenteront ni en septembre ni en octobre. C’est ce qu’annonce la profession pour couper court aux rumeurs, alimentées par une partie de la presse, qui ont fait état d’un renchérissement au cours du Ramadan.

L’association des producteurs souligne qu’une telle décision est injustifiée, et ce pour deux raisons. La première est que les industriels ont pris, il y a quelques mois, les dispositions nécessaires en anticipant sur l’achat des matières premières et en constituant des stocks pour assurer l’approvisionnement du marché, et, surtout, et c’est là la deuxième raison, pour éviter toute augmentation des prix pendant le mois de Ramadan. Mieux encore, certains producteurs, comme Lesieur Cristal, ont adressé une liste de prix recommandés aux détaillants, que ces derniers doivent afficher et surtout appliquer dans leurs commerces.

«C’est une mesure que nous avons prise afin d’éviter des hausses de prix au niveau de la distribution, et ces prix recommandés tiennent bien sûr compte de la marge des commerçants», explique-t-on chez le raffineur. Cependant, on notera qu’il pourrait y avoir, chez certains commerçants, un écart de 10 à 20 centimes par rapport aux prix recommandés. Un différentiel justifié par les charges, notamment le coût du transport si le point de vente est situé dans une zone excentrée.

Pas de substitution par l’huile d’olive en raison de son prix
Les consommateurs sont donc rassurés pour ce qui concerne le Ramadan et le mois suivant, mais que se passera-t-il ensuite ? Tout dépend en fait des cours mondiaux du soja, du tournesol et autre palme. Si la demande en biocarburants connaît une nouvelle flambée (comme ce fut le cas, il y a un an), le renchérissement du cours des huiles brutes alimentaires se poursuivra et la révision à la hausse sera alors inévitable. Toutefois, les industriels ne s’avancent pas trop et précisent que leurs stratégies commerciales restent tributaires du niveau de la récolte des pays d’Amérique du Sud, qui débute en octobre prochain.

Pour rappel, le prix du litre d’huile a enregistré, depuis janvier 2007, une hausse de 30 % et il est passé de 13,50 à 16 DH depuis le début de l’année 2008. Pour les produits d’entrée de gamme, le prix est passé de 12,50 à 15 DH. Les différentes augmentations se sont échelonnées sur plusieurs mois et ont entraîné une réduction de 3 % de la consommation des ménages en 2008.

La substitution par l’huile d’olive ne s’est pas faite en raison de son prix qui s’est situé entre 35 et 40 DH. D’ailleurs, la part de cette huile est de 10 % par rapport au marché global des huiles qui varie entre 320 000 et 330 000 tonnes par an. Le cas du marché marocain n’est pas spécifique. Globalement, partout dans le monde, le marché des huiles évolue de manière peu significative.