HSBC : Nous suivons l’évolution du Maroc avec intérêt

La banque vient d’obtenir un agrément pour s’implanter en Algérie, mais pour le moment elle n’a pas programmé le Maroc
Des relations avec les banques locales dans le correspondant banking et les produits financiers existent depuis longtemps.

En marge de sa visite au Maroc pour l’inauguration de l’exposition «Architecture et art de vivre dans le monde arabe», parrainée par HSBC, Pierre Pissaloux, membre du comité exécutif et DG de la branche private banking (gestion de patrimoine) pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, nous a accordé un petit entretien sur la façon dont le Maroc est perçu par la banque londonienne.

La Vie éco : Le marché financier marocain est l’un des plus dynamiques d’Afrique du Nord. Pourquoi HSBC est absente du Royaume ?
Pierre Pissaloux : HSBC fête cette année ses 60 ans d’existence au Moyen-Orient. Nous sommes implantés au Qatar, au Koweit, aux Emirats arabes Unis, en Jordanie… nous y employons 10 000 personnes. Nous avons également une longue histoire en Egypte. Nous ne sommes pas totalement absents du Maghreb où nous avons fait quelques opérations de correspondant banking et conseillé des gouvernements. Mais nous n’avons pas d’activités bancaires au sens classique du terme. HSBC considère aujourd’hui qu’il est important de prendre pied au Maghreb et nous avons commencé par l’Algérie, où nous venons d’obtenir une licence et nous sommes très intéressés par la Libye. Pour le Maroc, je ne peux pas me prononcer pour le moment. Il s’agit de décisions qui sont prises au plus haut niveau de la banque.

Y aurait-il une quelconque réticence des autorités marocaines à votre implantation ?
Non, aucune. Nous sommes d’ailleurs admiratifs du système financier marocain qui a su se diversifier et dont les réformes ont été une réussite. Notre implantation en Algérie en priorité est dictée par le fait que nos clients du Moyen- Orient ont des relations d’affaires avec ce pays et les opportunités offertes par l’existence de ressources naturelles importantes. La même chose prévaut pour la Libye. Mais nous suivons l’évolution du Maroc avec un grand intérêt.

Vous avez bien des relations avec des banques marocaines…
Oui, et elles sont fructueuses, notamment dans le correspondant banking ou des opérations de banques d’affaires où nous recherchons leur savoir-faire local et apportons notre expertise internationale. Nous sommes aussi fournisseurs de produits financiers complexes que les banques marocaines offrent à leurs clients à l’international.

A quel point HSBC a-t-elle subi la crise des subprimes aux Etats-Unis ?
L’impact est resté assez circonscrit. La banque a eu la sagesse de ne pas s’engager dans les produits financiers construits autour de ces «subprimes».

Circonscrit à quelle hauteur ?
Aux environs d’un milliard de dollars. Nous avons nous-même, aux Etats-Unis, accordé des crédits risqués et avons donc souffert de l’impact de la crise. Mais la perte reste circonscrite. D’ailleurs, en dépit de cet élément négatif, notre résultat au titre de l’année 2007 devrait être en progression par rapport à 2006.

Vous êtes le patron de HSBC private Banking pour l’Afrique du Nord. Gérez-vous le patrimoine de particuliers marocains ?
La clé du private banking est de respecter la confidentialité des affaires.

Posons la question autrement. Pensez-vous qu’au Maroc il y a des potentialités d’affaires  en matière de gestion de patrimoine ?
Oui, avec l’essor économique que connaît le Maroc ces dernières années, il devrait y avoir un potentiel pour le private banking. Je pense que les banques marocaines vont enrichir la palette des produits qu’elles proposent en la matière.

En 4 jours de visite, avez-vous rencontré des officiels et des patrons marocains ?
Ce fut le cas, à l’occasion de l’inauguration de l’exposition.

Et des entretiens informels en tête-à-tête ? Des rendez-vous ?
Cela relève du confidentiel.

Dernière question : impression générale sur le Maroc ?
C’est toujours un plaisir de visiter un pays qui bouge. On sent beaucoup d’énergie, de l’esprit d’entreprise et un certain optimisme. On parle avenir, grands projets et développement.