Hôtel Lincoln : le ras-le-bol des riverains

Les études pour la restauration sont prêtes mais les travaux tardent à démarrer.

«La situation de cet immeuble qui nous empoisonne la vue et la vie devient inacceptable», c’est le commentaire d’un citoyen qui habite à côté de la bâtisse dite «hôtel Lincoln», sur le boulevard Mohammed V à Casablanca. Au moment même où le citoyen exprimait son ras-le-bol, des touristes de passage immortalisaient, justement, dans leur appareil numérique, la fameuse façade, devenue patrimoine de la
ville.

Le conseil de la ville écarte l’idée d’une expropriation
La réflexion de ce Casablancais résume bien le sentiment des habitants de la ville, qu’ils soient usagers de la voie publique ou simples promeneurs. Voilà bientôt quinze ans que la vieille bâtisse, située sur une voie très fréquentée, a provoqué son premier accident, qui coûta la vie à deux passants. Aujourd’hui encore, on ne voit pas de solution définitive à ce qui est devenu une vraie plaie dont ne se souvient la ville qu’au fil des effondrements épisodiques qui émeuvent les élus, le temps de quelques réunions d’urgence sanctionnées par des résolutions jamais appliquées. Le dernier rebondissement du genre s’était produit le 12 avril 2004 lorsqu’une énième chute d’une partie du plancher de trois étages avait tué un SDF. A ce moment-là, le maire, Mohamed Sajid, avait promis de débloquer 2 MDH pour sécuriser l’immeuble et protéger la façade. Depuis, silence radio, et ce n’est pas faute d’avoir essayé de joindre le maire.
Aux dernières nouvelles, les études pour la restauration et la réintégration de l’immeuble sont bel et bien réalisées mais personne ne connaît la date de lancement des travaux. C’est que la Communauté urbaine se trouve confrontée à un problème de droit, l’immeuble en question n’étant pas sa propriété. Par ailleurs, le propriétaire actuel ne veut pas entendre parler, comme le préconise la ville, d’un plan de reconstruction sur la base de trois étages, seule possibilité pour garder la fameuse façade. Pour lui, le plan d’aménagement de la commune de Sidi Belyout l’autorise à construire 5 étages et il n’en démord pas. D’où un blocage.
Pourtant, les élus excluent toute idée d’expropriation, indique une source bien informée. Peut-être que l’on temporise jusqu’à la prochaine victime pour trouver une issue. En attendant, les automobilistes qui empruntent le bd Mohammed V et les riverains doivent en supporter les désagréments.

Hôtel Lincoln. Un patrimoine précieux devenu très encombrant faute de gestion efficace.