Hôtel Lincoln : le prix de l’indemnisation bloque la procédure d’expropriation

Les plans de restauration sont déjà  prêts. L’Agence urbaine de Casablanca prépare un appel à  manifestation d’intérêt pour la restauration du bà¢timent.

Le dossier de l’hôtel Lincoln ne semble pas près de connaître un dénouement. L’Agence urbaine de Casablanca, entité qui en est chargée, n’arrive toujours pas à achever la procédure d’expropriation du bâtiment engagée depuis 2004. Selon une source proche du dossier, l’AUC a dû revoir son offre financière à plusieurs reprises pour passer de 4 500DH/m2 à 12 000DH/m2. «Pourtant, le propriétaire du bâtiment n’hésite pas à chaque fois à engager une nouvelle procédure pour dénoncer le prix proposé par la Ville de Casablanca», ajoute notre source. Pour ne rien arranger, les propriétaires des fonds de commerce réclament aussi des indemnisations, ce qui va faire traîner davantage les procédures, indique une source auprès de l’Agence urbaine de Casablanca. En attendant le verdict du tribunal, le bâtiment s’effrite de partout.

La bâtisse risque de s’effondrer totalement

Pour rappel, l’immeuble Bessonneau (qui comprend l’hôtel, plusieurs commerces et appartements), communément appelé hôtel Lincoln, est l’un des premiers bâtiments du boulevard Mohammed V de Casablanca, ex-bd de la Gare. Il a été conçu en 1919 par l’architecte français Hubert Bride sur une superficie de 2 468 m². L’immeuble a été fermé pour risque d’effondrement et laissé à l’abandon depuis 1989. Son propriétaire a réussi au début des années 2000 à obtenir une autorisation de démolition. Face aux protestations des ONG nationales et internationales, la Ville de Casablanca a été obligée de bloquer cette opération de démolition. Proposition avait été faite au propriétaire de restaurer l’immeuble en contrepartie d’une compensation sur d’autres projets. La même source indique que «face au refus de ces propositions, la Ville a donc procédé au classement de la façade de ce bâtiment au patrimoine architectural national à partir de 2002. Elle a aussi confié le dossier d’expropriation à l’Agence urbaine». Cette dernière confirme que le plan de restauration est prêt depuis six mois déjà. «Nous préparons, en concertation avec le ministère des finances, le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt international sur la base d’un cahier des charges en cours de finalisation avec l’assistance d’un cabinet juridique. Ce cahier des charges définit les conditions de réalisation, le mode et la durée d’exploitation par un aménageur développeur spécialisé. Le lancement de cet appel d’offres est prévu après l’achèvement de la procédure d’indemnisation», confie un responsable de l’agence.
La démarche suivie par l’Agence urbaine n’est pas du goût de certaines associations. Elles exigent une intervention immédiate de la part de la Ville pour préserver la façade. Et pour cause, si le bâtiment s’effondre totalement, le propriétaire pourrait engager une nouvelle procédure pour récupérer son terrain.