Horaire continu, un an après : deux fonctionnaires sur trois sont satisfaits

Une enquête a été effectuée auprès de 3 500 personnes
63% des usagers trouvent la formule adéquate
Les dépenses courantes de l’administration ont baissé de 4,6%.

Finalement, l’horaire continu dans les administrations n’aura pas été un mauvais deal. Une grande majorité des fonctionnaires se dit satisfaite de la formule dont certains prédisaient l’échec. C’est ce qui ressort d’une étude effectuée par le cabinet Capital Consulting pour le compte du ministère de la modernisation des secteurs publics (MMSP) et dont La Vie éco a pu se procurer copie.

Le rapport de l’étude effectuée auprès d’un échantillon de 3 500 personnes dont 2 500 fonctionnaires et 1 000 usagers (voir fiche technique) entre décembre 2006 et janvier 2007, est globalement positif. Les fonctionnaires, pour commencer, sont 65 % à être favorables à l’instauration de l’horaire continu. 72% déclarent s’y être adaptés moyennement ou bien.

Pour ce qui est des raisons de cette satisfaction (choix multiples), 78% invoquent une amélioration du rendement et de la motivation et 89% une meilleure organisation du travail. Les fonctionnaires estiment également avoir réduit leurs déplacements (75%) et leurs frais de transport (66,5%) comme ils déclarent avoir augmenté leur temps libre et développé des activités extraprofessionnelles (62%).

24,7% de baisse dans les dépenses de carburant et d’entretien
Côté usagers, les citoyens ont été 63,6% à estimer que le système était adéquat, tandis que 60% disent avoir noté un respect des permanences durant le temps des repas. Sur la population enquêtée, 44% ont noté une amélioration globale de la qualité du service public contre 27% qui ont constaté le contraire. Un citoyen sur cinq considère, toutefois, que les files d’attente se sont allongées.

Parallèlement,100 entreprises ont été sondées sur le sujet. 74 d’entre elles trouvent leur compte dans le changement de l’horaire de travail contre 26 qui le trouvent inadéquat. La majorité favorable juge que la plage de contact avec l’administration a largement augmenté. 68% des entreprises questionnées notent également un respect des permanences durant le temps des repas en plus de 43% qui constatent une amélioration globale de la qualité du service public.

S’agissant de l’impact sur le plan socio-économique, l’étude estime le nombre d’emplois créés, notamment dans la restauration, à 13 745. Toutefois, les prestations sont en deçà des attentes. Seulement 46,6% des enquêtés sont satisfaits des prestataires. Capital consulting conclut que, si ce taux venait à atteindre 80%, le nombre d’emplois créés croîtrait parallèlement pour arriver à 23 596 nouveaux postes.

Autre grand gagnant dans cette opération : l’administration, qui a pu réduire ses charges. La consommation d’électricité a baissé de 6,1%, celle de l’eau de 17,9%, la facture de téléphone, elle, a chuté de 1,8 % seulement. Le tout a généré une baisse des dépenses courantes de 4,6%. Néanmoins, les enquêteurs insistent sur le fait que la contribution exacte de l’horaire continu à ces économies est difficile à mesurer en raison d’autres mesures initiées par l’Administration. Si un effort a été fait en matière de rationalisation des dépenses, conduisant à une baisse de la consommation, d’autres facteurs ont généré, au contraire, une hausse.

C’est le cas, par exemple, de l’augmentation du prix de l’électricité, la mise à niveau des équipements (climatisation) et l’extension de nombreux bâtiments ayant entraîné une hausse des Kwh consommés. Outre l’eau, l’électricité et le téléphone, d’autres économies sont réalisées sur le carburant et l’entretien des véhicules. Elles sont estimées à 24,7% du total des deux postes comptables.

L’étude préconise, pour finir, quelques mesures pour bien asseoir le système, comme la poursuite de la mise en place des structures facilitant la restauration des fonctionnaires et l’instauration de la flexibilité horaire et du contrôle des présences au sein des administrations publiques. Sont également proposées d’autres mesures comme l’élargissement de la réforme au secteur privé et, surtout, l’adoption d’horaires plus adaptés pour les établissements scolaires.

Fiche technique
Qui a été enquêté et où

L’étude a été menée auprès d’un échantillon de 2 500 fonctionnaires répartis sur 17 départements ministériels et 12 villes de différentes tailles. Le choix des fonctionnaires s’est fait en fonction du sexe et du grade (échelles 1 à 9, et 10 et plus). Pour ce qui est des usagers, le nombre des sondés a été de 1 000 personnes dans 12 villes et 7 départements ministériels disposant de guichets. Quant aux entreprises sondées, elles sont au nombre de 100 unités réparties sur 10 villes et quatre secteurs activités (industrie, commerce, services et BTP)

Focus
Des pistes d’amélioration

Pour le ministère de la modernisation des secteurs public, l’étude avait essentiellement pour objet de mesurer le taux d’adhésion des fonctionnaires et les répercussions de l’horaire continu. Tout comme il fallait évaluer l’impact de cet horaire sur les particuliers et les entreprises.

Par la même occasion, l’étude a permis d’identifier les contraintes de nature à entraver l’optimisation du nouveau système tout en capitalisant sur les bonnes pratiques engendrées par son instauration