Hifdi : Les assises de l’informel se tiendront au premier semestre de 2019

Dans cet entretien, Abdelilah Hifdi, président de la Fédération Nationale du Transport, appelle à explorer de nouvelles pistes pour combattre l’informel, devenu hégémonique dans certains secteurs.

Vous avez proposé que des assises de l’informel soit tenues, les acteurs économiques vont-ils suivre selon vous?

Oui car, malheureusement, dans le secteur du transport que je représente ainsi que dans d’autres, la part de l’informel est tellement grande qu’on peut parler de son hégémonie. La compétitivité et le coût logistique en souffrent. C’est un coût énorme pour les entreprises et pour le pays. Il faudrait donc adopter une position claire et partagée, au sujet de ce fléau qui secoue l’économie nationale. Que fait-on de l’informel? Ni les actions coercitives ni les mesures attractives n’ont malheureusement  eu l’effet escompté. Il faut trouver d’autres solutions.

Selon vous, comment attirer les acteurs de l’informel dans le circuit formel, surtout dans le secteur du transport. Qu’on t-il à gagner en se régularisant ?  

Il y a certainement des avantages pour eux. Je dis que, dans le secteur du transport, tant que l’on ne positionne pas l’avantage du côté du secteur structuré, on assistera à l’aggravation du glissement de ce dernier vers l’informel. Avec les contrôles et tous les professionnels qui sont dans le radar, plusieurs partent automatiquement de l’autre côté. Il faudrait mettre en place des mesures qui soient capables d’attirer les acteurs de l’informel. Lesquelles? Je n’en sais rien. Mais ces assises de l’informel sont une demande de la CGEM et se tiendront certainement au premier semestre de l’année prochaine.

Dans un autre registre, vous avez évoqué « l’instabilité fiscale » lors de votre commentaire sur la loi de finances 2019. A quoi est-elle due selon vous ? 

Cette instabilité dénote une absence de vision. Nous n’avons pas pu mettre en place une vision partagée pour obtenir une stabilité fiscale car, chaque année, on accentue ou on diminue l’imposition selon les pressions, les lobbys, les besoins de l’Etat en termes de finances, etc. C’est à dire qu’il n’y a pas de fil directeur qui cadre cette conception étatique. Et l’objectif des prochaines assises de la fiscalité est d’y remédier et de forger une vision commune, qui elle-même façonnera le modèle économique dans son acception, régulation, et même justice sociale parce que la fiscalité est un moyen de répartition très important.