Hépatite C : les bénéficiaires du Ramed n’ont pas accès au SSB40

Onéreux, le SSB40 n’est pas disponible dans les établissements de la santé publique. Le ministère va incessamment lancer une étude d’évaluation de l’impact de la distribution de ce médicament, mais n’a pris aucun engagement.

Pas de SSB40 pour les bénéficiaires du Régime d’assistance médicale aux démunis. Le nouveau traitement de l’hépatite C mis sur le marché il y a trois mois n’est en effet toujours pas disponible dans les hôpitaux et les centres de santé. «C’est un médicament qui coûte cher. Une étude d’évaluation du coût du traitement sera diligentée afin de prendre une décision quant à sa distribution dans les hôpitaux pour les Ramédistes», explique le ministère de la santé. Il ne fait cependant aucune promesse quant à une éventuelle fourniture de ce produit. Pourtant, il avait été annoncé que le SSB40 serait intégré dans la liste nationale des médicaments essentiels pour le Ramed et sera, par conséquent, distribué gratuitement aux Ramédistes dans les hôpitaux et les centres de santé après la constitution d’un dossier de suivi pour les maladies de longue durée. Le dossier déposé par le médecin traitant est validé par une commission spécifique qui se réunit périodiquement.

Introduit sur le marché en janvier 2016, le SSB40 est vendu à 3 000 DH la boîte. Mais le traitement global nécessite la prise d’un autre produit, le Ribavir 200 mg, dont le prix est de 906 DH la boîte. Mensuellement, un patient atteint d’hépatite C doit dépenser de 3 906 à 4818 DH en fonction de son état et le traitement peut aller de 3 à 12 mois. Trop lourd pour un démuni. Cela n’est-il pas en contradiction avec la logique du ministère de la santé qui a milité pour l’obtention de la licence de fabrication du premier générique de la molécule mère, le Sofusbuvir, produite par le laboratoire américain Glied ? Et ne vient-il pas malheureusement une fois encore de souligner l’existence d’un système de santé à deux vitesses et même remettre en cause le Ramed dont le panier de soins reste, faute de moyens dira-t-on au ministère, très limité ? A ce jour, ne sont distribués gratuitement que les produits hospitaliers. Les soins ambulatoires sont tout bonnement écartés.

Les dossiers déposés avant le 29 mars ne seront pas remboursés par l’AMO

Les assurés de l’AMO doivent quant à eux être remboursés par la CNOPS ou la CNSS. Sauf que ceux qui ont acheté le traitement et déposé leur dossier avant le 29 mars ont eu une mauvaise surprise parce que l’arrêté ministériel stipulant le remboursement du SSB40 par l’AMO n’est entré en vigueur que ce jour-là. Il en est ainsi de ces assurés qui ont essuyé un net refus de la CNSS. Apparemment, il y a eu un problème de communication. Depuis janvier 2016, le ministère de la santé n’arrêtait pas de mettre en avant l’efficacité de ce générique de dernière génération qui garantit un taux de guérison de 90 à 95% et surtout qui coûte beaucoup moins cher que le premier traitement de l’hépatite C dont le coût atteint 750000 DH. Certains patients et/ou assurés ont cru comprendre que le remboursement était acquis dès lors que le produit était disponible.

Les premiers lésés par la non-rétroactivité de la décision ministérielle sont ceux qui ont acheté d’un coup la totalité d’un traitement (13 600 DH pour 3 mois). Il y en a qui espèrent toujours un «geste» de leur caisse, compte tenu de l’importance de la somme déboursée.