Hauts fonctionnaires sanctionnés : le délit d’initié sur l’immobilier concernait des terrains à  Aïn Aouda

Des terrains achetés à  bas prix par des investisseurs avant leur intégration dans le périmètre urbain.
Le secrétaire général et le directeur de l’urbanisme, en plus du directeur du patrimoine de l’intérieur, sont suspendus en attendant les résultats de l’enquête en cours.

Stupeur au ministère de l’habitat et de l’urbanisme qui vient de passer une semaine mouvementée. Vendredi 25 septembre, un communiqué du ministère de l’intérieur annonçait la suspension de deux hauts responsables du ministère de l’habitat et d’un directeur au ministère de l’intérieur «pour avoir divulgué frauduleusement des informations concernant des dossiers d’investissement privé qui sont à l’étude entre les deux départements». A l’heure où nous mettions sous presse, l’on savait avec certitude que la sanction, qui peut très bien se transformer en révocation en fonction des résultats de l’enquête menée actuellement par le ministère de l’intérieur, concerne Rachid Afirat, directeur du patrimoine au ministère de l’intérieur ainsi que le secrétaire général du ministère de l’habitat, Najib Mohamed Halimi. Le troisième fonctionnaire concerné par la suspension est le directeur de l’urbanisme, Mohamed Adib Alaoui. Selon des sources au département de l’habitat, c’est Abderrahmane Chorfi, actuel directeur général de l’urbanisme et de l’architecture au ministère, qui assure le secrétariat général du ministère par intérim. Saïd Zniber, qui occupait  à ce jour le poste de directeur d’architecture, pour sa part, remplace momentanément M. Chorfi à la direction de l’urbanisme.  
Les sources se montrent en revanche moins prolixes quant au contenu des informations divulguées par lesdits responsables. «Nous ne savons rien sur le ou les projets concernés par le délit et encore moins sur les possibles complices qui en ont bénéficié», s’empresse-t-on de répondre auprès du cabinet du ministre de l’habitat, Toufiq Hejira.  Au ministère de l’intérieur, on conseille aimablement de se reporter au communiqué. Il n’en demeure pas moins que selon les premières indiscrétions relatives à cette affaire, les informations divulguées concerneraient des terrains à Aïn Aouda, sur lesquels un mega complexe immobilier doit être bâti à la périphérie sud de Rabat. Selon nos informations, non confirmées de manière officielle, les trois responsables sanctionnés auraient «conseillé» des investisseurs pour l’achat de certains terrains agricoles à bas prix, juste avant leur entrée dans le périmètre urbain. Une fois les terrains acquis, les investisseurs ont attendu le décret d’urbanisation pour les revendre au mètre carré et, bien entendu, au prix fort.
Toutefois, les responsables restent innocents jusqu’à preuve du contraire. Dans le secteur de la promotion immobilière, les opérateurs ne sont guère avancés. «Nous avons tenu deux réunions de travail avec quelques départements du ministère cette semaine, mais nous n’avons pu rencontrer que les chefs de service. Les directeurs concernés se sont excusés en invoquant des réunions avec le ministre concernant la même affaire», confie-t-on. A suivre.