Hausse prévue de l’inflation en 2017 et 2018

Le taux directeur de BAM est maintenu à 2,25% n Le PIB devrait augmenter de 4,3% en 2017
et de 3,8% en 2018.

Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM), qui a tenu, mardi 21 mars, sa première réunion trimestrielle de l’année 2017, s’est achevé sur le maintien du taux directeur à 2,25%. Cette décision, le conseil l’a motivée par le fait que, nonobstant l’évolution récente de l’inflation qui a connu une hausse liée en particulier au renchérissement des prix des carburants et lubrifiants, sur le moyen terme le niveau des prix devrait, selon BAM, évoluer de façon modérée. La banque centrale prévoit en effet que, après 1,6% en 2016, l’inflation s’établirait à 1,1% en 2017 avant de remonter à 1,7% en 2018. Par contre, l’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils et les tarifs publics, devrait connaître une légère accélération, passant de 1,3% en 2016, à 1,5% en 2017 et à 1,9% en 2018. L’amélioration de la demande intérieure, d’une part, et l’augmentation de l’inflation importée, d’autre part, sont les facteurs explicatifs de cette évolution de l’inflation sous-jacente, selon l’Institut d’émission.
Sous cette explication, se profilerait l’idée que la flexibilisation du régime de change (qui sera mise en place, de façon progressive, à partir du second semestre de cette année) ne serait pas tout à fait étrangère à l’appréciation prévue de l’inflation importée. Ceci n’aurait cependant rien d’extraordinaire puisque, on peut le redire, l’objectif même de cette réforme est que les chocs externes soient absorbés non plus par le volume (des réserves internationales) mais par les prix ; étant entendu que le mécanisme de ciblage d’inflation, une fois mis en place, aura à moduler ces chocs en fonction précisément de la cible choisie. Toute la question est de savoir maintenant quel sera le niveau de l’inflation cible qui sera décidé par BAM. 2% comme la BCE ? Un peu plus, compte tenu du fait que l’économie marocaine est encore en transition ou en voie de développement ?
En attendant, la situation économique en 2017 devrait s’améliorer sensiblement, grâce notamment à une augmentation de la valeur ajoutée agricole (négative en 2016). Ainsi, BAM prévoit une hausse du PIB de 4,3% (3,6% selon le HCP), résultat d’une progression de la valeur ajoutée agricole de 11,5% et du PIB non agricole de 3,4%. Pour 2018, la croissance globale devrait s’établir à 3,8% selon BAM. Le déficit courant, par contre, se serait creusé à 4,2% du PIB au lieu de 2,2% en 2015. Il devrait toutefois retomber à 3,3% en 2017 et se maintenir presque au même niveau (3,5%) en 2018.