Hausse des droits de douane sur les médicaments : rien n’est encore décidé

L’idée de porter les droits de 2,5 à  32,5 % est encore à  l’étude.

«Il ne faut pas aller trop vite en besogne, il n’y a pas de hausse des droits de douane. Pour l’instant, rien n’est encore décidé et le dossier est toujours à  l’étude au niveau de la commission interministérielle des prix». Ce sont les précisions qu’apporte le ministère de la Santé, à  travers la direction du médicament, concernant une probable augmentation de 2,5% à  32,5% des droits de douane sur les médicaments.

Pour la direction du médicament, la mise en place de telles mesures est délicate en raison de son impact sur le consommateur. D’o๠l’intérêt de se pencher sur l’historique de la tarification douanière relative au secteur pharmaceutique. On relève ainsi que ces droits étaient de 40 % jusqu’en 2003. Les industriels avaient alors demandé une baisse car les médicaments, en particulier les produits innovants, coûtaient cher. Le ministère de la Santé avait alors ramené le taux à  2,5%. Une mesure qui n’a pas été du goût des professionnels puisque les fabricants de génériques, «gênés par les importations, ont demandé la hausse des droits pour les médicaments similaires fabriqués localement».

Un sondage de la Santé auprès des industriels sur la pertinence de la hausse
Le taux de 2,5 % a été maintenu et une liste de médicaments exonérés de droits de douane arrêtée. C’est ce schéma qui est appliqué à  ce jour. La direction du médicament précise même qu’en raison de l’évolution du secteur, les fabricants de génériques ne revendiquent plus la modification des droits de douane. D’ailleurs, à  l’Association marocaine de produits pharmaceutiques (Amip), on dit tout ignorer de l’actuel projet d’augmentation des droits de douane. «Nous souhaiterions discuter de cette question avec les pouvoirs publics sur la base d’une étude sectorielle que nous lançons. Pour cela, nous suggérons le report d’une éventuelle révision de la tarification jusqu’à  la fin de 2007», dit-on à  l’association.

Cette proposition sera peut-être retenue car, à  la direction du médicament, on précise «qu’un sondage va être effectué auprès des différents laboratoires de la place pour savoir si une hausse des droits de douane est justifiée». La direction du médicament ajoute que «la mise en place de cette mesure n’est pas une urgence dans la mesure o๠la commission octroyant l’autorisation de mise sur le marché filtre les demandes et oppose son veto à  toutes les demandes d’importation pouvant nuire à  un produit similaire fabriqué au Maroc».