Hausse de la population urbaine : grosse pression sur les équipements sociaux

La population urbaine passe de 29% de la population totale en 1960 à  60% en 2014. Les parts de l’exode rural, de l’extension des villes et de l’accroissement naturel de la population urbaine dans cette hausse ne sont pas connues.

En 1960, date du premier recensement au Maroc, les ruraux étaient largement majoritaires: ils représentaient 71% de la population totale. Cinquante quatre ans plus tard, ils sont surclassés par les citadins qui constituent, au 1er septembre 2014, plus de 60% de la population. Passons sur la notion d’urbanité, en usage pour ce type d’opération à l’échelle internationale et les critiques que lui font les géographes, pour dire que ce mouvement, qui touche le monde entier, de manière différenciée certes, pose un énorme défi aux pouvoirs publics.

L’urbanisation, en effet, suppose la construction de réseaux d’assainissement, d’équipements sociaux, et, si possible, la disponibilité d’activités économiques génératrices de revenus. Lorsque l’urbanisation résulte de construction de nouvelles villes ou d’extension des anciennes, il s’agit d’une transformation planifiée dont les acteurs sont supposés avoir prévu la mise en place de conditions minimales de vie.

Risque de ruralisation des villes

On peut penser que dans le cas du Maroc, l’augmentation de la population urbaine provient, pour partie, d’une action planifiée. Mais on ne sait pas dans quelle proportion. D’où la question : Quel est le phénomène le plus influent dans l’accroissement de la population urbaine ? Est-ce la croissance naturelle de la population vivant dans ce milieu de résidence, est-ce l’effet de l’exode rural, ou bien le résultat de l’extension des périmètres urbains et de créations de nouvelles villes (de nouveaux centres urbains plutôt) ? Le HCP n’a pas de réponse à cette interrogation, ce n’est pas l’objet du sixième recensement qu’il a réalisé du 1er au 20 septembre 2014.

Historiquement, cependant, le phénomène d’urbanisation des populations commence toujours par l’exode vers les villes, où les opportunités d’emplois et, accessoirement, d’épanouissement individuel, sont jugées plus grandes. Le Maroc, comme tous les pays qui ont connu et connaissent encore ce type de mutation des formes de la société, n’y échappe pas. On peut donc penser que derrière l’urbanisation importante de la population, il y aurait plutôt un exode rural relativement élevé. Cela apparaît d’ailleurs dans les conditions d’habitat et les comportements au quotidien que l’on peut observer dans certaines villes, comme à Casablanca par exemple. C’est pourquoi l’urbanisation accélérée dans les pays en développement de manière générale et en Afrique en particulier, est parfois décrite comme… une ruralisation de la ville.