Haj : les agences de voyages en quête de solutions pour augmenter leurs parts de marché

Les professionnels pensent qu’il est plus judicieux de regrouper leurs achats pour obtenir les meilleures conditions tarifaires auprès des compagnies aériennes et des prestataires saoudiens. Leur clientèle a baissé à  mesure que les prix augmentaient.

Les agences de voyages sont confrontées à un nouveau défi : reconquérir les clients après l’adoption d’une liste d’inscription unique pour le Haj 2014. A cet égard, l’Association des voyagistes de Casablanca (AVC) et celle de Rabat (AVR) ont organisé une journée de réflexion, le 7 février, pour réfléchir aux moyens d’y parvenir. L’objectif était aussi de dissiper les inquiétudes de quelques agences sur ce nouveau système, assimilé à une forme de libéralisation future de ce marché. Le ministère des Habbous veut en effet aller dans ce sens à condition que les agences de voyages s’appliquent à assurer de bonnes prestations avec un rapport qualité/prix intéressant, étant entendu que le prix de référence reste celui fixé par ce ministère autour de 32 000 DH.

Pour le moment, il est attendu du nouveau système qu’il instaure «une certaine compétition entre le public et le privé, mais également entre les agences de voyages appelées à diversifier leur offres pour se démarquer de celle du public, tout en respectant le budget des pèlerins». Il reste que même si beaucoup d’agences de voyages ont acquis une expérience dans l’organisation du Haj et de la Omra au fil des années, le nombre de places qui leur est octroyé (45 au minimum et 90 au maximum par agence), réduit considérablement leurs capacités de négociations avec les prestataires saoudiens et les compagnies aériennes. Il a été donc recommandé de mutualiser pour obtenir de meilleures conditions.
En outre, il a été souligné que l’objectif d’associer le maximum d’agences à l’opération Haj réside dans le remplacement du système de notation par un système de labellisation dont le référentiel et les étapes seront élaborés par le ministère du tourisme, qui ne s’est pas encore prononcé sur le sujet, en collaboration avec les professionnels.

Le Maroc pourrait disposer de 70 000 places d’ici 2020

En tout cas, les voyagistes ont des opportunités pour augmenter leurs parts de marché. En effet, les autorités saoudiennes sont en train d’augmenter leurs capacités d’accueil et de gestion des flux dans le but d’accueillir plus de pèlerins dans les années à venir (destruction des anciens hôtels pour en construire de nouveaux). Ils espèrent que le nombre de places réservées au Maroc passera de 30 000 actuellement à plus de 70 000 à l’horizon 2020. Mais pour mieux en profiter, il faudrait qu’ils proposent des produits plus attractifs à des tarifs raisonnables, ce dont ils ont été incapables jusqu’à aujourd’hui. Alors que leur part de marché ne cessait de baisser depuis 2007, leurs prix moyens n’ont pas arrêté de croître. Celui du segment premium est passé de 58 200 DH en 2007 à 96 400 en 2012, celui du standard de 48 500 DH à 66 200 DH et celui du social de 29 000 à 44 000 DH. Difficile d’attirer les clients quand ils peuvent faire le pèlerinage à 32 000 DH.