Haj 2014 : l’appel à  manifestation pour la labellisation des agences de voyages lancé

Les dossiers doivent être déposés au plus tard le 7 juin 2013. Les agences labellisées seront connues le 28 juin. Traitement différencié pour les agences ayant déjà  une expérience dans l’organisation du pèlerinage.

Les voyagistes cherchent leurs marques pour reconquérir des parts de marché dans l’organisation du Haj. L’édition 2013 est la dernière où le choix des candidats, entre agences de voyages et ministère des habous, s’est fait au moment de leur inscription sur deux listes différentes, et où les agences organisatrices ont été sélectionnées sur la base d’un dossier. L’édition 2014 connaîtra un changement de taille auquel les agences de voyages doivent d’ores et déjà se préparer. L’inscription des candidats se fera sur une liste unique et seules les agences qui auront reçu le «label Haj» seront autorisées à organiser l’opération. C’est une sorte de libéralisation de fait à travers laquelle les agences «labellisées» se livreront à une compétition pour attirer chacune un nombre de clients au moins égal à 47 pour pouvoir organiser l’opération.

A ce titre, le ministère du tourisme vient de publier un appel à manifestation pour la labellisation au pèlerinage pour une période de trois ans (de 2014 à 2016). Les agences de voyages candidates à cette labellisation, et remplissant les conditions précisées par l’appel à manifestation, doivent déposer leur dossier de candidature au ministère de tutelle entre le 27 mai et le 7 juin 2013. Le comité de labellisation procédera à l’ouverture des plis et à la présélection des agences candidates les 10 et 11 juin. Ainsi, le dossier des agences qui n’auront pas satisfait aux conditions exigées seront rejetés définitivement et leur liste sera affichée sur le site du ministère dès le 14 juin. Celles dont les dossiers seront incomplets devront les compléter au plus tard le 17 de ce même mois.

Le concours à la labellisation, s’il est ouvert à toutes les agences de voyages qui remplissent les conditions, il les divise cependant en deux catégories : celles n’ayant pas déposé leur candidature pour l’édition 2013 ou dont le dossier a été rejeté, et celles qui ont été présélectionnées pour cette opération. Les secondes sont soumises à moins de paperasse dans la mesure où leur aptitude a été déjà prouvée lors de la sélection pour l’opération 2013. Toujours est-il que l’évaluation se fera selon un barème basé sur 4 critères avec des notes différentes selon que l’agence a déjà organisé le pèlerinage au moins une fois durant les 5 dernières années ou qu’elle n’a jamais organisé de pèlerinage entre 2008 et 2012. Il s’agit de la santé financière qui attribue 30 points aux premières et 40 points aux secondes, de l’expérience dans le tourisme religieux qui leur accorde respectivement 28 points et 15 points, de la taille de l’agence et de sa participation au tourisme récepteur avec respectivement 34 points et 37 points et, enfin, des disponibilités des ressources humaines qui attribuent 8 points aux 2 catégories d’agences. Seront labellisées les agences qui obtiendront une note supérieure ou égale à 60 points sur 100. Elles seront connues le 28 juin.

Certains professionnels critiquent la démarche

Cette démarche est critiquée par certains professionnels qui estiment que les critères de labellisation ne diffèrent pas du tout de ceux qui étaient appliqués pour sélectionner les agences dans le système de quotas. Ils auraient aimé voir un référentiel de labellisation plus sélectif ne retenant que les agences qui ont une capacité financière solide. On souligne ainsi que l’agence labellisée doit être en mesure de présenter un produit packagé, c’est-à-dire qui comprend le billet d’avion, le logement et le transport sur place, la restauration durant le séjour, mais aussi un encadrement de qualité, ce qui suppose que l’agence doit être capable de mobiliser des fonds propres pour payer le prestataires et proposer ses services aux pèlerins. Fouzi Zemrani, ancien président de la Fédération nationale des agences de voyages au Maroc (FNAVM), enfonce le clou en affirmant que rien n’est fait pour préparer cette échéance de 2014 «qui sera déterminante pour l’avenir des agences de voyages dans l’organisation du pèlerinage». Pour lui, au lieu que l’édition 2013 serve de transition en matière d’organisation en vue de la libéralisation de ce marché, on assiste à un cafouillage dans la mesure où plusieurs erreurs ont été commises pour ce qui est du choix des produits, le calcul des prix ou la répartition géographique. En effet, le produit économique commercialisé à 45 500 DH par les agences, outre qu’il représente 53% de l’offre alors qu’il est censé être un produit d’appel, ne trouve pas preneur, sachant qu’il est moins avantageux que celui des Habous qui coûte 39 000 DH. En revanche, l’offre est insuffisante pour ce qui est du produit standard (67 000 DH en chambre double), notamment à Casablanca. Certaines agences se seraient en effet contentées de commercialiser uniquement le produit économique.