Haj 2006 : 10 000 pèlerins dans l’incertitude

Les autorités saoudiennes ont sommé quelque 250 hôtels de se conformer aux normes de sécurité.
Les agences de voyages marocaines bloquées pour les visas à cause
de ce différend.

L’opération «Haj», déjà peu facile à organiser d’ordinaire, risque de connaître cette année de fortes perturbations. Et pour cause ! Alors qu’à pareille époque les agences de voyages sont censées travailler déjà sur les formalités de visas auprès de l’ambassade du Royaume d’Arabie Saoudite, cette année, aucune agence n’a encore eu accès au site de l’ambassade. Pour ce faire, les agences doivent disposer d’un code et d’un mot de passe que leur délivrent les autorités saoudiennes après avoir étudié les dossiers comprenant obligatoirement, et entre autres pièces, les contrats d’hébergement dans les établissements hôteliers des Lieux saints, les contrats de transport, etc. Or, tous les hôtels de la Mecque, quelque 250, sont actuellement dans le collimateur des autorités de leur pays qui les ont sommés de se conformer à de nouvelles normes de confort et, surtout, de sécurité, avant d’être autorisés à héberger les pèlerins, sachant que cet hébergement est soumis à l’autorisation du ministère du hadj et de la garde civile saoudienne. Selon de nombreuses sources, il semble qu’une cinquantaine d’établissements ne soient pas aux normes et qu’ils n’auront pas le temps de s’y conformer. Les autorités saoudiennes demeurent cependant intraitables : l’année dernière, c’est tout un hôtel qui s’était effondré suite à un incendie.

A quelques jours du premier vol à destination des Lieux saints, programmé pour la première semaine de décembre, les agences de voyages attributaires de quotas, qui ont déjà toutes validé leurs contrats d’hébergement à Médine, attendent les contrats de la Mecque. Certains responsables d’agences sont sur place depuis plus d’un mois pour tenter d’obtenir le précieux document, alors que d’autres ont été dans l’obligation de revenir après l’expiration de leur visa.

Les petites agences sont les plus exposées
Le temps presse car, même si le problème est résolu dans les jours qui viennent, il y aura des goulots d’étranglement pour la délivrance des visas, et sans doute pour l’organisation des vols. Ceci d’autant plus que les agences de voyages attributaires doivent, une fois les contrats d’hébergement en main, soumettre tous les dossiers au ministère du tourisme pour approbation et au ministère de l’intérieur pour différents contrôles.

En effet, ce sont tout de même quelque 10 000 personnes, précisément 9 519 pèlerins, soit le tiers de l’ensemble des pèlerins marocains, en plus des accompagnateurs des 179 agences de voyages intéressées, qui sont concernées par ce problème. Certes, toutes ne vivent pas le problème avec la même acuité et ce sont les petites agences, travaillant généralement avec de petits hôtels, qui souffriront le plus et, en même temps, les petites bourses. Il faut en effet savoir que le prix du package proposé par l’agence est le critère déterminant dans le choix des futurs pèlerins. Du coup, beaucoup d’agences, pour pouvoir proposer des prix accessibles aux petites bourses, s’adressent à de petits hôtels, généralement pas chers.