Hadj : nouvelles propositions des agences de voyages au ministère du tourisme

Une étude comparative avec les systèmes appliqués dans d’autres pays
Les agences proposent que leurs clients s’inscrivent d’abord chez eux avant de procéder au tirage au sort.

La Fédération nationale des agences de voyages du Maroc (FNAVM) vient de réaliser une étude qui servira de support à de nouvelles propositions pour l’organisation de l’opération Hadj. Cette étude, commandée au cabinet ACEP, part d’un constat : avec le système d’organisation du Hadj en vigueur depuis deux ans, système fondé sur l’attribution des quotas en fonction des inscriptions des candidats, la part des agences de voyages s’est réduite sérieusement. En effet, de 10 000 pèlerins à l’époque où le ministère attribuait les quotas d’office, la part des agences s’est établie l’année dernière autour de 7 000 pèlerins, pour descendre cette année à 5 000. A ce rythme, les agences estiment qu’elles seront hors course dans trois à quatre ans. Cette conclusion avait d’ailleurs été déjà tirée par la FNAVM. Sauf que les agences de voyages marocaines, habituées depuis toujours à recevoir leur part du gâteau sans faire le moindre effort commercial pour ce qui concerne le Hadj, n’ont pas anticipé cette évolution.

Un seul tirage au sort au lieu de deux

Le cabinet s’est intéressé dans un premier temps à ce qui se fait dans ce domaine dans une dizaine de pays, dont huit pays arabes ou musulmans – dont la Jordanie, l’Egypte, la Tunisie et l’Algérie -, les deux pays non musulmans étant les Etats-Unis et la France. Dans ce lot, il y a, bien sûr, des idées qui peuvent servir de modèles.
Ainsi, en Jordanie, les agences de voyages qui veulent organiser l’opération Hadj sont priées dès le départ de mettre une somme de 40 000 dollars (320 000 DH environ) à la disposition d’une commission tripartite composée des représentants de l’association des voyagistes et des deux ministères concernés, le tourisme et les affaires religieuses. La somme sert à payer les réservations d’hôtels et certaines prestations. Mais, en fonction du nombre de pèlerins drainés, l’agence de voyages récupère le reliquat ou est priée de verser une rallonge pour compléter le prix des prestations.
Cet exemple, particulièrement, est recommandé pour tirer les agences marocaines vers le haut et opérer une certaine sélection. Mais ce choix va sans doute soulever des protestations, sachant que la majorité des agences marocaines ne disposent pas de fonds de roulement et attendent d’encaisser l’argent auprès du client avant d’en consacrer une partie pour payer les prestations. Demander une avance aux agences, estime-t-on à la FNAVM, les obligerait à avoir d’autres activités que le Hadj.
En parallèle, et c’est la deuxième recommandation, les futurs pèlerins devraient pouvoir aller s’inscrire directement dans les agences de voyages sans passer par l’arrondissement. Une telle décision devrait permettre aux agences de sortir de l’attentisme pour démarcher elles-mêmes les futurs pèlerins.

Le comité stratégique du tourisme examinera les propositions des agences en décembre
Par la suite, il est proposé qu’il y ait un seul tirage au sort, indépendamment du choix de chacun de voyager avec une agence ou avec le ministère des habous. Le tirage se ferait bien évidemment par région et, estime Fouzi Zemrani, président de la FNAVM, au moyen d’un logiciel informatique pour que l’opération soit totalement transparente.
Ainsi, chaque agence pourra s’occuper de ses clients tirés au sort. Le maximum pour une agence ne dépasserait pas 90 pèlerins et le minimum resterait à 45 comme l’exigent les autorités saoudiennes. Par ailleurs, les agences qui auraient hérité de plus de 15 pèlerins pourraient mutualiser leurs opérations, alors que celles qui en auraient moins de 15 devraient renoncer à l’opération.
Par ailleurs, le président de la FNAVM pense que le fonds de garantie pour le Hadj, mis en place il y a deux ans et dont les ressources s’élèvent à 5 MDH, devrait être géré par une entité regroupant public et privé pour permettre à la fédération de s’occuper d’autres activités.
Toutes ces propositions, dont le ministre du tourisme a déjà été saisi, vont être soumises au prochain comité stratégique du tourisme (CST) présidé par le Premier ministre, qui se tiendra en décembre prochain.