Hadj 2009 : la Fédération des voyagistes réfléchit à  de nouvelles modalités

Cette année, les agences ne commercialiseront plus le produit dit social.
Elles veulent se consacrer
à  l’organisation et à  la logistique et laisser le volet religieux au ministère des habous.

Les  inscriptions pour l’opération Hadj 2009 ont pris fin. Les agences de voyages sont maintenant sur le qui-vive. Il y a, en effet, fort à craindre que le système basé sur la liberté des candidats, de choisir entre les voyagistes et le ministère des habous, ne continue de pénaliser les premiers dont la part a dégringolé en deux ans de
12 000 à 3 500 pèlerins.
Le tout nouveau président de la Fédération nationale des agences de voyages (Fnavm), Lahbib El Eulj, espère que la part des agences puisse remonter au moins au niveau des 7 000 à 8 000 pèlerins. En tout cas, c’est le nombre qui, selon lui, semble se dessiner sur la base des premières observations qui lui parviennent des associations régionales, à l’exception de Casablanca et Rabat où il n’a pas encore de visibilité.

Le fonds de garantie ne couvrira plus les agences défaillantes
Dans les villes de province, les agences, dit-on, ont fait de gros efforts pour trouver des clients dans la mesure où promesse leur a été faite de répartir les quotas proportionnellement aux inscriptions réalisées dans chaque région.
Néanmoins, le nouveau président de la Fnavm ne cache pas son scepticisme quant à l’efficacité de cette nouvelle formule. Il affirme travailler avec son équipe pour instituer une autre approche «en agissant  main dans la main avec le ministère des habous et des affaires islamiques». Il reviendra ainsi, affirme-t-il, au ministère de s’occuper de tout le volet religieux, y compris pour les pèlerins qui auront choisi les agences de voyages. Ces dernières se consacreront exclusivement aux volets relatifs à l’organisation et à la logistique. «Notre but est d’avoir avec le ministère des habous et celui du tourisme une vision commune sur le déroulement de l’opération, et de mettre fin à cette dichotomie entre pèlerins des agences et ceux du service public». Déjà, on apprend que cette année, les agences de voyages ne commercialiseront pas le produit dit social et qu’elles vont se contenter de la clientèle qui s’adresse à elles spontanément, c’est-à-dire la  clientèle appartenant aux tranches de revenus moyens et supérieurs. Enfin, le nouveau président est opposé à la mise en œuvre du fonds de garantie instauré par son prédécesseur pour pallier les défaillances de certaines agences de voyages. Ce fonds, précise-il, encourage «les agences de voyages à ne pas prendre leur mission au sérieux, alors qu’il faut les responsabiliser». D’après M. El Eulj, il devrait servir à promouvoir le professionnalisme chez les voyagistes plutôt que de financer leurs éventuelles défaillances.Toujours est-il que dès la collecte des statistiques des inscriptions de cette année, les responsables de la fédération vont se rapprocher des équipes du ministère des habous pour une meilleure coordination.
On se demande si on ne s’achemine pas en douceur vers un retour à l’ancienne formule où le tiers des pèlerins était confié d’office par les pouvoirs publics aux agences de voyages.