Habillement : des enseignes locales comptent ouvrir leurs propres magasins de fins de séries

El Mejdoub et Diamantine sont considérés comme des exemples à  suivre. Les points de vente seront implantés dans des quartiers populaires et dans les centres-villes. Les magasins de second choix sont un moyen de couper la voie aux importations d’Asie et à  la contrebande.

Les enseignes de prêt-à-porter veulent renforcer leur position sur le marché des fins de séries. Plusieurs d’entre elles sont décidées à ouvrir des boutiques spécialisées dans ce segment en s’inspirant, selon des professionnels, de Diamantine. En effet, cette marque spécialisée dans le vêtement traditionnel a lancé, en 2013, un outlet où sont commercialisés ses fins de séries à des prix très intéressants. Outre cet exemple récent, on peut citer les magasins El Mejdoub implantés à la fin des années 90 à Hay Moulay Abdellah dans le quartier Aïn-Chock, à Derb Ghallef et sur le boulevard Abdelmoumen, spécialisés dans la vente des vêtements pour enfants. L’expérience est intéressante, expliquent des industriels, car elle permet une plus large distribution de certaines marques à des prix accessibles et d’éviter l’importation massive de vêtements dégriffés de pays européens et de Chine qui envahissent le marché local.

Concrètement, les distributeurs veulent réorganiser et structurer le marché intérieur de l’habillement. Actuellement, trois types d’acteurs y opèrent : les grandes enseignes, étrangères ou locales, qui distribuent dans des magasins exclusifs leurs marques respectives ; les magasins situés à Derb Omar, Derb Soltane et Mâarif, où sont vendus des articles fabriqués localement et, enfin, les points de vente multimarques d’Aïn-Chock, Hay Hassani ou El Korea où sont commercialisés des articles dégriffés et des fins de séries importés ou provenant de sous-traitants locaux des grandes enseignes étrangères.

Les boutiques peuvent être gérées par des franchisés

Ce circuit est en majorité informel et livre, de l’avis des commerçants, une concurrence déloyale aux enseignes structurées. En effet, le prix de vente défie toute concurrence. A titre d’exemple, une robe dont le prix est de 400 ou 500 DH est vendue à 120 ou 150 DH. Les pulls et t-shirts sont parfois affichés à moins de 100 DH et les pantalons ne coûtent pas plus de 200 DH !

Vu l’ampleur du phénomène, certains professionnels pensent qu’il est temps de développer les magasins d’usines car cela permettra, expliquent-ils, de «maîtriser la distribution de nos articles, même s’il s’agit de fins de séries, par le biais de prix de vente abordables».

Géographiquement, ces points de vente seront implantés dans des quartiers populaires, mais aussi au centre- ville. Ils peuvent être gérés directement par l’enseigne elle-même ou par un franchisé qui s’engagerait pour la vente d’une ou deux marques à des prix arrêtés en concertation avec l’enseigne. Le franchisé devrait aussi s’engager pour un approvisionnement direct auprès de l’enseigne et ne plus recourir à l’importation d’articles dégriffés.
Par ailleurs, et c’est le second intérêt des magasins de second choix, la mise en place de ce circuit pourrait freiner la contrebande et l’importation d’habillement de pays asiatiques, essentiellement de la Chine, dont la qualité laisse à désirer. Les enseignes locales, intéressées par ce créneau, tiennent à défendre sérieusement ce dossier au niveau du secteur afin de pouvoir développer leurs points de vente. Un deuxième pas, après le développement de certaines chaînes de magasins, pour l’organisation du marché local qui est estimé à 40 milliards de DH.