Guides touristiques : bientôt une formation obligatoire de deux ans

L’expérience pilote aura lieu à  l’Institut supérieur international de tourisme de Tanger.
L’obtention de l’agrément conditionnée par la formation.
Le ministère s’apprête à  désigner le cabinet qui élaborera les programmes.
Démarrage probable à  la rentrée 2010-2011.

C’est connu. La profession de guide constitue un frein à l’essor du secteur touristique. Sur le terrain, on trouve certes de bons professionnels biens formés, mais aussi toute une catégorie d’agents, et ils sont nombreux, qui ne jurent que par la commission dans les bazars. En clair, ils font très mal leur travail et ternissent la réputation du pays.
Pour remédier à cette lacune, au moment où le Maroc a érigé le tourisme en priorité nationale, le département de tutelle a lancé au début du mois de novembre 2009 un appel d’offres pour sélectionner un prestataire devant l’assister à la mise en place d’un dispositif de formation initiale des guides. C’est mercredi 9 décembre que devait avoir lieu l’ouverture des plis en séance publique.
Ce programme de formation vise à hausser le niveau de la profession et à fixer des critères stricts d’accession à ce métier. Sur le dernier point, on estime au ministère du tourisme qu’étant donné les enjeux qualitatifs pour le secteur, l’accès au métier de guide ne sera  plus conditionné par le niveau d’études et la réussite au concours organisé par le ministère, mais par la formation de deux ans et la réussite de l’examen final. Ce sera donc la seule voie pour accéder à ce métier, c’est-à-dire qu’on exclut tout accès parallèle.
Deux catégories de guides au lieu de trois
L’objectif du ministère est aussi de réduire les catégories de guides. En effet, il existe actuellement trois catégories de guides, en l’occurrence l’accompagnateur qui exerce son activité sur l’ensemble du territoire national, le guide de montagne qui exerce au niveau d’une région montagneuse où il est généralement résident et le guide de tourisme qui travaille aussi dans la région où il réside. Le programme vise à dépasser cette catégorisation partielle et à aller vers une spécialisation basée sur des critères de compétence. Il n’y aura donc plus que deux catégories. La première comprend les guides des villes et des circuits touristiques qui exercent leur activité sur tout le territoire, en milieu urbain et dans les sites d’attractivité et d’intérêt touristiques. Les accompagnateurs de tourisme actuellement en exercice seront assimilés à cette catégorie, moyennant sans doute un complément de formation.
L’autre catégorie est constituée de guides des espaces naturels, mais qui exerceront aussi leur activité au niveau national et non régional. C’est là une manière de valoriser ces profils qui devront assimiler tous les produits existants en dehors de l’espace urbain c’est-à-dire la montagne, le désert et autres circuits ruraux.

La formation devrait démarrer à la rentrée 2010-2011
En résumé, le projet vise à professionnaliser le métier de guide en lui dispensant une formation de standard international. Ce qui suppose l’élaboration des programmes, la sélection des établissements qui pourraient être conventionnés par le ministère du tourisme, suivant des critères et un cahier des charges, ainsi que les modalités de sélection et de suivi.
Le rôle du bureau d’études consistera aussi à accompagner l’école pilote déjà identifiée, en l’occurrence l’Institut supérieur international de tourisme de Tanger (ISITT) qui va se charger du lancement de cette formation. Son intervention prendra la forme d’un management de projet.
C’est donc un vrai défi que de réussir l’opération pilote avec l’ISITT avant de l’élargir à d’autres établissements, dûment sélectionnés.
L’administration prend toutes les précautions pour éviter des décisions préjudiciables à la réalisation du programme. C’est pourquoi le prestataire sélectionné ne sera connu que
90 jours après l’ouverture des plis, c’est-à-dire à compter du 9 décembre 2009. Le délai peut même être prolongé de quelques jours pour que certaines dispositions soient affinées.
Une fois le prestataire de service sélectionné, il disposera d’un délai de cinq mois, sans tenir compte des délais d’instruction des différents rapports, pour rendre sa copie. A ce rythme, il est très probable que les premiers modules de formation au sein de l’ISITT ne démarrent qu’à la rentrée 2010-2011.