Guides pour sorties : créneau rentable mais marché encore embryonnaire

«Maroceve.com» et «Here we go», deux supports qui tentent de percer sur ce marché de niche.
Les supports s’autofinancent grâce à la publicité.
Les annonceurs sont encore très prudents vis-à-vis de ce support.

Les bons plans, les idées pour sortir…Voilà un créneau que certaines jeunes entreprises de communication commencent de plus en plus à investir. Dans les halls d’hôtels, sur les présentoirs d’agences de voyages et autres, particulièrement dans les grandes villes, les guides pour sorties en ville se font plus nombreux et rivalisent en couleurs, en qualité de papier mais aussi en contenu. C’est une nouvelle génération de supports de communication, généralement gratuits et qui s’autofinancent grâce aux recettes publicitaires.

Parmi les supports de plus en plus présents dans ce nouveau paysage, on peut citer le guide Maroceve.com du site éponyme. Distribué gratuitement en 30 000 exemplaires à Casablanca, Marrakech et Rabat, ce bimestriel a fixé ses tarifs publicitaires à 3 300 DH le quart de page, 5 370 DH la demi-page et 7 680 DH pour la pleine page. La couverture est vendue à 11400 DH.

Des activités parallèles pour tenir le coup
Le concept est importé de l’étranger, explique Faris Taoufiki, DG d’Urban Média qui distribue également un guide de sorties baptisé Here we go. Ce dernier support se présente non pas comme un plan, à l’instar de Maroceve.com, mais comme une carte de visite qui cache un plan de ville. Ce dernier plan ne contient pas uniquement les lieux de sorties, mais aussi les adresses intéressant les classes socioprofessionnelles ciblées, à savoir les B+ et les A+. «Nous comptons près de 200 clients sur les villes de Casablanca et Marrakech, les deux villes dans lesquelles nous sommes implantées», souligne le DG.
Pour ce petit support qui existe depuis près de trois ans et breveté depuis une année, le créneau est assurément porteur. Pour l’insertion publicitaire, l’éditeur réclame 3300 DH pour le quart de page, 12 000 DH pour la page centrale et 15 000 DH pour les couvertures intérieure et extérieure. Pour 22 pages et deux couvertures, la recette pour ce trimestriel peut facilement atteindre 72000 DH par édition, soit un chiffre d’affaires annuel de 288 000 DH.

Pourtant, le business ne semble pour le moment pas aussi juteux qu’on pourrait le penser. En effet, un professionnel actif à l’étranger explique que «le marché marocain n’est pas encore mature et que les annonceurs sont frileux, sans compter les frais d’impression élevés». A cela s’ajoutent les charges de fonctionnement, sachant que parfois tout l’espace publicitaire n’est pas vendu. Par conséquent, fait remarquer la même source, «il faut offrir des gratuités puisque le support ne peut être imprimé avec des espaces vides».

Le salut est donc dans la diversification. Ainsi, Maroceve.com fonctionne déjà avec des activités parallèles, notamment les recettes drainées par le site internet.
Urban Média, pour sa part, continue d’investir dans le créneau de l’affichage urbain indoor, c’est-à-dire à l’intérieur des lieux de chalandage. Il en va ainsi des plages et clubs privés. Urban Média compte à ce titre développer, pour les besoins de son activité, un logiciel baptisé «Mirane elumin», qui devrait lui permettre de gérer la présence de ses annonceurs à la carte, à distance et via l’outil informatique.

Reste que l’investissement sur ce type de créneau a un prix : 50 000 DH par panneau, 700 DH par cadre. Cependant, l’investissement est sécurisé puisqu’il y a peu de risques de vandalisme, contrairement à l’affichage public, et qu’on est sûr de toucher la cible. Il faut cependant persuader les annonceurs de l’efficience de ces nouveaux moyens de communication. Et apparemment, la partie n’est pas gagnée d’avance.