Guelmim-Esmara : champion du cactus en 2020

Pour atteindre le milliard de DH de valeur ajoutée annuelle, la région compte sur trois grandes cultures : les céréales, les dattes et le cactus.
La plus grosse part des 2,8 milliards de DH d’investissement ira au développement de la production animale : ovins, camélidés et volaille.
La région dispose actuellement de 210000 ha de superficie agricole utile, dont 15 000 irrigués.

Le diagnostic

Aussi aride et désertique qu’elle puisse paraître, la région de Guelmim-Esmara n’en a pas moins des atouts à faire valoir dans le secteur agricole. La région est dotée aujourd’hui d’une superficie agricole utile de 210 000 ha environ dont 38 300 sont couvertes de céréales produisant 25 000 t, 30 000 en cactus pour une production de 444000 tonnes par an et 10 000 ha en palmiers qui produisent 16 000 tonnes de dattes pour une productivité de 8 400 DH/ha.
La céréaliculture, pratiquée sur 45% des terres de la région, est essentiellement destinées à des fins d’autoconsommation et d’alimentation du cheptel, sa productivité est assez basse, 1 700 DH/ha. Les cultures maraîchères, localisées au niveau des périmètres irrigués par pompage, s’étendent sur une superficie ne dépassant pas 4% et génèrent la productivité moyenne la plus importante, soit 19 500 DH/ha.
Pour la filière animale, la région compte aujourd’hui un cheptel de 308000 têtes qui ne permettent d’atteindre que des productions très faibles : 2 600 tonnes de lait, 2 800 tonnes de viandes rouges, 1 400 tonnes de viandes blanches auquel s’ajoutent quelques quantités infimes de miel (100 t).

Ce que prévoit le plan régional

Le Plan vert pour la région de Guelmim-Esmara table sur un investissement global de 2,8 milliards de DH dont 70% concernent le développement de la production végétale, 30% celui de la production animale. L’Etat prendra en charge 62% des investissements alors que les agrégateurs supporteront 38% des investissements restants. Au total, ce sont 15 projets qui ont été identifiés dont 6 au titre de volet de la grande agriculture et 9 dans celui de la petite agriculture.
Concernant la production végétale, une enveloppe de 846 MDH est destinée à financer 8 projets visant l’augmentation de la production céréalière, l’augmentation de la production et valorisation du cactus et du palmier dattier. Entre autres projets retenus, l’installation de trois unités de trituration des olives et de mise en bouteille, la création d’un marché de gros et d’une unité de conditionnement.
La production animale est dotée, pour sa part, d’un investissement de 1,94 milliard de DH devant permettre la réalisation de 7 projets relatifs à l’amélioration de la productivité du cheptel et la productivité apicole, à la valorisation  de la production laitière, à l’importation de chamelles et dromadaires reproducteurs, à la création de trois unités avicoles produisant des poulets de chair, à la création de trois unités avicoles de ponte.
On notera que pour cette région, les actions transverses portent essentiellement sur l’accompagnement institutionnel (manifestations régionales,  concours agricoles, visites de terrain, journées de sensibilisation) et les actions d’appui (formation des agents techniques et des organisations professionnelles, la réalisation de diagnostic participatif, le suivi et évaluation), le tout pour une enveloppe de 63 MDH.

Les impacts attendus

1 milliard de DH de valeur ajoutée. C’est le niveau que se propose d’atteindre le Plan vert régional. Ce dernier table, pour cela, sur des extensions importantes des superficie réservées à trois principales cultures. Celle des céréales devraient passer, à l’horizon 2020, à 98400 ha pour une production de 70 000 t soit 3 fois la production actuelle. Pour le palmier dattier, le plan prévoit 3000 ha de plus que les 10 000 actuels qui permettront de porter la production de dattes à 21 000 t par an. Mais c’est assurément dans le cactus que la région semble vouloir se spécialiser : la superficie passant de 30 000 à 50 000 ha, la production devrait passer de 433 000 à 733000 t ce qui fera de Guelmim-Esmara le premier producteur de cactus au Maroc.
Pour la production animale, le plan devrait apporter des améliorations de la production de lait et de viandes (rouges et blanches) et l’éclosion d’une industrie avicole qui produira pas moins de 8 millions d’œufs de consommation par an.
Au final, la valeur de la production globale devrait augmenter de 88% suite à l’amélioration des niveaux de production. La progression de la production végétale est estimée à 77% et celle de la production animale à 127%.
A l’horizon 2020, l’activité agricole régionale créera 19 200 emplois stables en milieu rural, soit 244% de plus qu’actuellement. 4,1 millions de journées de travail supplémentaires seront générées par les activités de production végétale et 1,6 millions seront issues des activités de production animale.