GSM au volant et défaut de port de ceinture sanctionnés dès le 3 avril

Les véhicules non équipés de ceintures ont un an pour se mettre à jour.
Pour se conformer à la loi, les grands taxis seront probablement dans l’obligation de réduire le nombre de personnes transportées.

Les automobilistes doivent s’attendre dans les semaines qui viennent à des contrôles sérieux pour ce qui est du port de la ceinture de sécurité à l’intérieur et hors du périmètre urbain, et de l’usage du téléphone portable au volant.
Le décret ministériel du 17 janvier 2005, publié au Bulletin officiel du 3 février, entrera en vigueur deux mois plus tard, c’est-à-dire le 3 avril. A partir de cette date, les sanctions seront de mise. Précisons toutefois que le montant des amendes n’est pas encore déterminé.
Ainsi, l’article 6 bis dudit décret stipule que «l’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule est interdit». Le public est donc prévenu, et, avec un peu de répression, le phénomène peut être vaincu ! Sauf que, souligne un responsable de la police à Casablanca, le problème n’est pas d’avoir un téléphone en main ou pas, mais de choisir entre conduire et parler.
S’agissant de la ceinture de sécurité, les choses s’avèrent en revanche plus complexes dans la mesure où l’obligation concerne plusieurs catégories de véhicules et, surtout, plusieurs passagers. On devra donc obligatoirement passer par une période de sensibilisation du grand public pour que cette mesure s’installe dans les mœurs.

Le montant des amendes n’est pas encore déterminé

Toujours est-il, peut-on lire dans le texte de loi, que «tous les véhicules automobiles dont le poids total en charge autorisé est inférieur à 3 500 kilogrammes, doivent être obligatoirement équipés en ceinture de sécurité aux places avant et arrière».
Les véhicules immatriculés à partir du 2 février doivent être équipés de ces accessoires et ceux qui ont été immatriculés avant l’entrée en vigueur de la loi disposent d’un délai d’un an pour se mettre en règle. Important à savoir, à l’intérieur du périmètre urbain, délimité par les panneaux de fin de limitation de vitesse, seuls le conducteur et le passager assis sur le siège avant sont tenus de porter la ceinture. Au-delà des panneaux, les passagers installés à l’arrière de la voiture sont priés d’attacher la leur.
Si, pour les voitures particulières, une telle obligation ne doit, en principe, pas poser de problèmes dans la mesure où les enfants de moins de dix ans n’ont plus le droit d’occuper le siège avant, ni d’être sur les genoux d’un adulte qui l’occupe, le cas des taxis constitue assurément un gros problème. On voit mal les deux clients assis pratiquement l’un sur l’autre à l’avant d’un grand taxi, attachés par une ceinture de sécurité. Quant aux quatre passagers installés à l’arrière, ce serait une autre paire de manches. Déjà, les chauffeurs de taxis réagissent avec hostilité à ces mesures, surtout qu’ils ont eu vent de l’intention des pouvoirs publics de les priver d’une place à l’avant. Un manque à gagner qu’ils ne sauraient accepter, disent-ils.
Actuellement, une commission interministérielle, pilotée par le département de l’Intérieur, est en train de réfléchir pour prendre à bras le corps le problème des taxis. Mais la tâche n’est pas aisée car elle revêt à la fois un aspect social, de transport des citoyens, et de sécurité routière. En d’autres termes, comment obliger les grands taxis urbains et interurbains à respecter le code de la route tout en assurant aux différents intervenants (propriétaires d’agrément, de véhicules et chauffeurs) un revenu décent ?
Rien qu’à Casablanca le nombre de taxis est estimé, entre grands et petits, à quelque 13 600, relève un responsable de la police de la circulation de la métropole. Selon lui, il n’y a rien de plus normal que d’obliger les grands taxis à transporter une personne à l’avant et trois seulement, au lieu de quatre, à l’arrière, mais… car il y a un mais, ajoute-t-il, le problème ne se situe pas seulement à ce niveau. On compte aujourd’hui à Casablanca, continue cet officier de police, 473 000 véhicules légers, 130 000 camions et quelque 10 000 deux roues. Ce parc est tout à fait supportable pour la ville, n’eût été le fait que le conducteur marocain est, toutes catégories sociales confondues, «un délinquant» en puissance (voir encadré).
Selon le chef du district Casablanca-Anfa, il faut agir sur trois fronts pour résoudre le problème de la sécurité routière. A court terme, il faut réprimer sévèrement les personnes qui ne respectent pas le code de la route en infligeant des amendes qui dissuadent le contrevenant de recommencer. A moyen terme, c’est-à-dire dans 5 à 10 ans, il faut revoir et améliorer les infrastructures routières et, enfin, à long terme, il faut agir en éduquant nos enfants. Peut-être, conclut-il ironiquement, aurons-nous de bons conducteurs en 2030. Ce dernier point sonne comme un aveu d’impuissance face au comportement déplorable des conducteurs et autres usagers de la route.

On voit mal les deux clients assis, pratiquement l’un sur l’autre, à l’avant d’un grand taxi, attachés par une ceinture de sécurité. Quant aux quatre passagers installés à l’arrière… Déjà, les chauffeurs de taxis réagissent avec hostilité à ces mesures.

A l’intérieur du périmètre urbain, seuls le conducteur et le passager avant sont tenus de porter la ceinture. Hors périmètre urbain, les passagers installés à l’arrière de la voiture sont également obligés d’attacher la leur.

Un comité interministériel planche sur le problème complexe des taxis, en tenant compte de l’aspect social.