Grosse bagarre au sein du conseil d’administration de la CNSS

L’UMT dénonce «l’illégalité» du conseil

Le décret désignant les administrateurs n’a pas été publié.

Grosse bagarre au conseil d’administration de la CNSS qui s’est enfin tenu mardi 28 septembre. L’Union marocaine du travail, qui avait gelé sa participation aux travaux du conseil d’administration de la CNSS (le dernier en date remonte à 14 mois) en protestation contre le non-respect de la loi réglementant le régime, n’a pas manqué, lors de ce conseil, de dénoncer une fois encore «plusieurs transgressions» au texte régissant la caisse. La centrale syndicale a même menacé de se retirer à nouveau des travaux, provoquant l’arrêt du conseil, avant de revenir sur sa décision après de longs conciliabules. Toujours est-il qu’à l’issue de la réunion, elle a publié une déclaration très sévère dans laquelle sont énumérées les diverses violations du texte qu’elle a relevées.

Le budget et le plan d’action 2004 approuvés à 3 mois de la fin de l’année
Dans un premier point, la centrale de Mahjoub Bensedik dénonce la «violation» de l’article 7 stipulant que les administrateurs sont nommés par décret publié au Bulletin officiel. Or, selon un cadre de l’UMT, ce décret n’a pas encore été signé et encore moins publié au Bulletin officiel. Deuxièmement, malgré la définition dans l’article 9 des attributions du conseil d’administration, «les pouvoirs publics tentent de réduire cet organe à une chambre d’enregistrement dans la mesure où on demande au conseil de valider un projet de budget qui est entamé et qui sera même bouclé dans trois mois. Tout comme on nous demande de valider un plan d’action 2004 dont une large partie est aujourd’hui exécutée», déplore-t-on à l’UMT qui estime que «l’on veut mettre le conseil devant une situation de fait accompli».
En raison de toutes ces «irrégularités», l’UMT a certes approuvé le budget et le plan d’action mais avec des réserves. Auprès de la centrale syndicale on affirme avoir l’intention de rester souple afin d’éviter une situation de crise.
Selon certains observateurs, tout cela «n’est que jeu politique et la position de l’UMT est quelque peu contradictoire car si la centrale dénonce l’illégalité du conseil pourquoi avoir approuvé le budget et le plan d’action ?». Du côté de la CNSS, on se veut plutôt neutre. «C’est une affaire entre les pouvoirs publics et les syndicats, car c’est le ministre de l’Emploi qui convoque les membres du conseil. C’est à ces deux parties de résoudre le problème». Pour l’heure, les pouvoirs publics se sont engagés à publier le décret.
Affaire à suivre…