Gros investissements de l’OCP à  Jorf Lasfar

Un nouveau complexe d’acide sulfurique et d’acide phosphorique vient d’être inauguré
Seize des 22 gros transformateurs mondiaux de phosphate ont manifesté leur intérêt pour Jorf.

L’OCP a franchi un pas décisif dans sa stratégie visant à faire de Jorf Lasfar un hub international de traitement et transformation du phosphate. Il vient d’y inaugurer un complexe phosphatier dont une unité d’une capacité de 1,12 million de tonnes d’acide sulfurique par an et une autre d’une capacité annuelle de 375 000 tonnes d’acide phosphorique.

S’y ajoute une centrale thermoélectrique de 32 MW. Une enveloppe de 2,03 milliards de DH a été investie dans ce complexe réalisé en partenariat avec le groupe pakistanais Fauji.

L’objectif de l’office est de porter sa production de phosphate de 18 millions de tonnes actuellement à 30 millions en 2015. Pour ce faire et pour augmenter la valeur ajoutée, il fallait donc travailler à attirer sur place les grands opérateurs désireux d’investir dans la transformation. Sur les 22 entreprises mondiales qu’il a démarchées, seize ont manifesté un intérêt sans équivoque pour le site de Jorf.

L’office investira 15,5 Md de DH d’ici 2015 pour préparer les infrastructures
Déjà, plusieurs partenariats ont été concrétisés, notamment avec les indiens Tata et Birla, le belge Prayon, l’allemand CFB et le brésilien Bunge pour une usine d’engrais qui sera opérationnelle en 2010.

Sur un marché très compétitif et qui le sera davantage en raison des gros investissements prévus par d’autres pays comme l’Arabie Saoudite et la Tunisie, sans compter la mine péruvienne qui entrera en exploitation en 2011, il fallait anticiper.

Fort de son rang de leader mondial sur le marché du phosphate et des produits dérivés, l’office mise d’abord sur la disponibilité de la matière première, meilleure en qualité que celle des concurrents, et la possibilité de produire à moindre coût.

L’investissement étranger devrait totaliser 25 milliards de DH d’ici 2015
Un des moyens de compresser les coûts est justement le pipeline de 142 km qui reliera Khouribga à Jorf et qui sera opérationnel en 2012. Le transport par train qui coûte aujourd’hui l’équivalent de 9 dollars (72 DH) la tonne ne reviendra alors qu’à 2 dollars (16 DH).

Le deuxième axe de la réduction des coûts est la cogénération. La centrale de 120 Mw en construction sur le site coûtera 2 milliards de DH. L’office projette également de construire une unité de dessalement d’eau de mer d’une capacité de 70 millions de m3 qui nécessitera 3,2 milliards de DH.

Au total, il investira directement 15,5 milliards de DH d’ici 2015 pour préparer les infrastructures. Sur la même période, il est attendu un investissement de 25 milliards de DH des opérateurs qui viendront s’installer sur le hub.