Golfs : 25 parcours, 1 000 ha de green et des recettes d’un milliard de DH par an

D’ici 5 ans, il y aura 45 parcours de golf sur tout le territoire. 5 000 joueurs inscrits auprès des diverses associations affiliées à  la fédération. Quatre écoles de golf existent à  Rabat, Marrakech, Agadir et Casablanca, l’inscription y est gratuite.

En 2016, le golf fera son grand retour aux Jeux olympiques d’été qui se tiendront à Rio de Janeiro. Et déjà le Maroc s’y prépare. Au-delà des parcours rattachés aux projets immobiliers et hôteliers, une réelle stratégie de développement est en train d’être mise en œuvre. On est certes bien loin des plus de 400 golfs que compte, par exemple, l’Irlande, patrie de ce sport. Mais le Maroc, qui en a déjà 25, n’a pas de quoi rougir. Entre 15 et 20 autres parcours sont en cours de réalisation. «A terme, soit d’ici 3 à 5 ans, le Maroc disposera donc de 45 parcours, tous réalisés par de grandes signatures architecturales», se réjouit Mustapha Zine, vice-président de la Fédération royale marocaine de golf.
Sachant qu’un parcours s’étend en moyenne sur 40 ha, le Maroc compte d’ores et déjà 1 125 ha consacrés à ce sport. Et il y en aura près du double d’ici 5 ans. La plupart de ces golfs sont gérés de façon privée, car liés à des projets immobiliers. Cependant, parmi eux, certains sont coiffés par une association sportive constituée de membres utilisant ces parcours et qui peut adhérer à la fédération. Les retombées économiques, issues notamment de l’organisation de compétitions, sont loin d’être négligeables. «Le golf génère un milliard de DH de recettes touristiques par an. A titre d’exemple, à l’occasion de l’édition 2011 du Trophée Hassan II, ce sont près de 800 chambres qui ont été réservées dans les hôtels classés d’Agadir, totalisant près de 7 000 nuitées pendant la semaine de la compétition», explique ainsi Lalla Soumia El Ouazzani, directrice des évènements majeurs au sein de l’Association du Trophée Hassan II de golf et celle de la Coupe Lalla Meryem. Sans oublier que le touriste golfeur dépense 3 à 4 fois plus que tout autre touriste.

Un club peut générer jusqu’à 30 MDH de recettes annuelles

Bien sûr, l’entretien d’un parcours de golf revient cher. «Tout dépend du type de parcours et des équipements y afférents. De manière générale, le coût annuel de l’entretien d’un green est estimé à 4 MDH et peut grimper jusqu’à 6 MDH, sachant qu’une centaine de personnes est nécessaire à cet entretien. Mais les clubs qui possèdent une fréquentation importante peuvent largement couvrir leurs charges en générant jusqu’à 30 MDH de recettes dans l’année», poursuit M. Zine. Les clubs ont donc besoin d’un nombre important de membres ou d’être intégrés dans des projets immobiliers qui peuvent garantir la rentabilité financière du parcours ainsi que dans des circuits de tournois.
Chapeauté par la Fédération royale marocaine de golf, qui a délégué certaines de ses missions à l’Association du Trophée Hassan II de golf, le golf, habituellement réservé à une certaine élite, espère attirer de plus en plus de joueurs marocains. On estime à 5 000 joueurs, les membres déjà adhérents à la fédération. Deux facteurs permettent à l’heure actuelle d’envisager un développement accéléré de ce sport au Maroc : primo, la création de centres de formation aux métiers du golf, du green keeper au gestionnaire du parcours, en passant par l’arbitre et, secundo, l’ouverture d’écoles de golf pour les jeunes. Le Maroc en compte déjà 4, installées à Rabat, Marrakech, Agadir et Casablanca. L’inscription dans ces écoles, ouverte aux jeunes dont les parents ne sont pas membres de clubs, est gratuite. Certains de ces jeunes seront d’ailleurs sélectionnés pour intégrer un cycle de sport/études à Bouznika avant d’être éventuellement amenés à rejoindre la future Académie du golf au Royal Golf Dar Essalam, à Rabat. Cette dernière réunira les meilleurs golfeurs du Maroc qui seront peut-être sélectionnés par la Fédération royale pour former l’équipe nationale de golf.