Gestion intégrée des zones côtières : premiers pas concluants dans l’Oriental

Le projet pilote est doté d’une enveloppe de 25,8 millions de dollars. Les secteurs ciblés sont l’eau, l’agriculture, la restauration des écosystèmes des zones humides, la gestion des pêches et de l’aquaculture et le développement de l’écotourisme. Les revenus des bénéficiaires ont augmenté de 20 à 70%.

Pas moins de 25,8 millions de dollars. C’est le montant global investi dans le cadre du projet pilote de gestion intégrée des zones côtières (GIZC) au Maroc, co-financé par le gouvernement marocain à hauteur de 20 millions de dollars et par un don de 5,18 millions de dollars du Fonds pour l’environnement mondial (FEM).

Ce projet a pour principaux objectifs l’application de l’approche GIZC pour la première fois au Maroc, le renforcement des capacités locales pour intégrer cette approche dans les Plans d’action communaux (PAC) et enfin le renforcement de la résilience et de l’adaptation des zones côtières au changement climatique.

Initié en novembre 2012 et exécuté par la Banque mondiale en partenariat avec des départements gouvernementaux, le projet a été clôturé officiellement mardi 19 novembre à Rabat, en présence de la secrétaire d’Etat au développement durable, Nezha El Ouafi, et Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque Mondiale au Maghreb, Malte, Moyen-Orient et Afrique du nord et 200 partenaires et bénéficiaires.

Les populations ont été étroitement associées

A l’évidence, c’est la région de l’Oriental qui a été choisie comme bénéficiaire du projet pilote au Maroc puisque le projet concerne les littoraux méditerranéens dans le cadre de l’initiative «Sustainable Med». Considérés comme prioritaires en concertation avec la population et les autorités locales, les secteurs ciblés sont l’eau, l’agriculture, la restauration des écosystèmes des zones humides, la gestion des pêches et de l’aquaculture et le développement de l’écotourisme.

Concrètement, plusieurs projets ont été réalisés comme l’installation d’un récif artificiel au large de Boudinar, la création d’une ferme d’algoculture sur 11 ha au niveau de la lagune de Marchica et d’une ferme de conchyliculture à Ras El Ma, la plantation de 500 ha d’arbres fruitiers, l’acquisition et la distribution de 1400 ruches et l’acquisition des équipements (3 tracteurs, 4 pick-up et 6 citernes) permettant la durabilité de ces projets.

S’agissant de la restauration des écosystèmes des zones sensibles, il y a lieu de citer la réalisation de quatre études sur le site d’intérêts biologique et écologique (SIBE) de la Moulouya, l’achat d’équipements d’observation et de formation des cadres du Haut commissariat au eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD) sur le logiciel «Arc GIS», l’aménagement des allées au niveau du SIBE de la Moulouya, la réhabilitation de drainage au niveau du marais Chrarba (Berkane) et la restauration de 2 ha du cordon dunaire de la plage de la Moulouya.

Pour ce qui est de l’écotourisme, les projets concrétisés depuis novembre 2012 sont la réalisation d’une étude de faisabilité de la mise en place d’une démarche intégrée de développement de l’écotourisme dans la zone du projet, la réhabilitation et l’ameublement de trois maisons traditionnelles en gîtes touristiques, ainsi que l’organisation de rencontres et de tournées avec les promoteurs touristiques pour la promotion de l’écotourisme dans la région.

Toutes les études nécessaires à la concrétisation de ces projets ont été également financés par les initiateurs de la GIZC au Maroc.

Les projets profitent directement à 575 personnes dont 138 femmes

Sur le plan législatif, il a été également procédé à l’intégration de l’approche GIZC et des principes de la loi cadre portant charte nationale de l’environnement et de développement durable.

Par ailleurs, l’approche GIZC a été intégrée dans les Plans d’action communaux (PAC) de six communes dans la région bénéficiaire. D’après les chiffres fournis par le SEDD, le nombre de bénéficiaires directs est de 575 dont 135 femmes, tandis que les emplois créés sont de 685 postes, dont 426 emplois occasionnels.

Le taux d’augmentation des revenus est, selon la même source, de 20 à 25% dans le secteur de la pêche, de 25 à 30% pour l’apiculture, de 20 à 25% dans les autres secteurs agricoles et de 50 à 70% dans l’écotourisme.

Selon la définition du ministère de tutelle, la GIZC constitue un outil de développement adéquat qui permet à la fois une régulation des conflits d’usage, la préservation de l’environnement et la garantie d’un développement durable d’un territoire donné. L’approche intégrée ou l’intégration implique de poursuivre simultanément plusieurs objectifs, éventuellement de nature différente, parfois contradictoire, souvent non hiérarchisés. Elle impose notamment de prendre en compte :

• tous les secteurs d’activités, économiques ou non, dès lors qu’ils utilisent l’espace ou les ressources marines, ou qu’ils impactent le milieu marin et littoral ;

• différentes échelles de temps, puisque la gestion vise des objectifs à long terme, à travers des actions naturellement à court ou moyen terme ;

• tous les acteurs concernés : États, collectivités littorales, acteurs économiques, citoyens, experts.