Gestion des déchets : Rabat n’a toujours pas trouvé un remplaçant à  Veolia

L’ouverture des plis, prévue initialement le 10 janvier dernier, a été suspendue. La collecte des déchets des quartiers Hassan et Yacoub El Mansour confiée à  une régie provisoire.

La gestion des déchets n’en finit pas de poser problème à la ville de Rabat. Depuis le départ précipité de Veolia Propreté à l’été 2012, aucune solution durable de remplacement n’a encore été trouvée pour les quartiers Hassan et Yacoub El Mansour. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Dès l’arrêt du service de Veolia Propreté, le Conseil communal s’est mis à plancher sur la création d’une société de développement local (SDL), forme de partenariat public/privé dans laquelle la commune détient 51% du capital et l’opérateur 49%. Onze prétendants s’étaient déclarés suite à la publication d’un avis d’appel public à candidature pour participer à la création de la SDL «Rabat Nadafa».

Seuls les plis administratifs ont été ouverts

Le Conseil communal avait même reçu les certificats négatifs des entreprises candidates. La procédure suivait son chemin jusqu’à ce qu’en décembre, la wilaya décide de changer de formule et de lancer un appel d’offres pour la gestion déléguée des déchets ménagers des deux arrondissements.

Abdelmounaïm El Madani, membre PJD et surtout chargé du secteur des déchets au sein du Conseil de la ville, ne mâche pas ses mots. «La wilaya a guillotiné la SDL mais nous ne comprenons pas pourquoi. Tout était planifié dans le business plan de la SDL», confie M. El Madani qui souligne que «ce mode de gestion fonctionne à la perfection à Istanbul, par exemple». Pour bon nombre d’élus, comme M. El Madani, le rejet de la SDL laisse planer un doute sur la transparence des procédures engagées. Initialement prévue le 10 janvier, l’ouverture des plis de l’appel d’offres lancé par la wilaya n’a toujours pas eu lieu. «Les plis administratifs ont été ouverts. Une commission technique a été mise en place pour juger les offres techniques, mais a décidé de ralentir la procédure pour se protéger», nous explique-t-on. La situation est donc toujours bloquée. Il semblerait que la wilaya cherche d’abord à calmer le jeu en trouvant le soutien du côté du ministère de l’intérieur. Celui-ci avait pourtant validé le projet de création de SDL dès l’été 2012. Certains vont même jusqu’à déclarer que le futur adjudicataire est une société marocaine que la wilaya voulait «recruter» depuis plusieurs mois déjà. Reste à patienter jusqu’à l’ouverture de tous les plis et l’annonce du choix. En attendant, les quartiers Hassan et Yacoub El Mansour de Rabat traitent leurs déchets grâce à une régie provisoire.