Gestion de l’eau : 2,5 milliards de m3 à  économiser par an d’ici 2030

Une enveloppe de 82 milliards de DH sera investie entre 2009 et 2030.
Les nappes phréatiques sérieusement réduites seront rechargées.

Une enveloppe de 82 milliards de DH, c’est ce qu’investira le secrétariat d’Etat chargé de l’eau et de l’environnement entre 2009 et 2030 pour optimiser l’utilisation des ressources en eau. Cette enveloppe viendra s’ajouter aux financements prévus par le plan national d’économie d’eau dans l’agriplan Maroc Vert, ceux du plan national d’assainissement et, enfin, ceux prévus par le plan de protection contre les inondations. La nouvelle stratégie a été élaborée à la suite d’une étude menée par le cabinet Conseil ingénierie développement (CID) et le bureau d’études Monitor pour un montant de 19,5 millions de DH. Ce travail a permis d’identifier les dangers que fait courir au pays le gaspillage de l’eau en agriculture surtout -on n’est pas de loin de 80% des ressources mobilisées- et le déficit galopant constaté au niveau de la nappe phréatique. A titre d’illustration, la nappe a baissé de 64 mètres en 26 ans dans le Saïss, de 24 mètres en 34 ans pour le Souss et de 18 mètres en 24 ans dans le Haouz.
Abdelkébir Zahoud, secrétaire d’Etat chargé de l’eau et de l’environnement, explique que, non seulement il n’est plus question de puiser dans les nappes, mais qu’il faut impérativement commencer à les recharger. Et l’épisode de la disparition de Dayat Aoua, dans la région d’Imouzzer, est un exemple des conséquences de l’exploitation effrénée des eaux souterraines, ajoute M. Zahoud.

Le potentiel est de 720 m3 par an et par habitant
Les conventions qui viennent d’être signées avec différentes régions s’intègrent d’ailleurs dans cette stratégie. M. Zahoud donne l’exemple de la convention signée avec la région du Souss, une expérience pilote qui commence déjà à donner des résultats en matière de réduction de la surexploitation de la nappe et du gaspillage de l’eau. Côté juridique, le Maroc s’est doté de la loi 10-95 qui, en consacrant la gestion décentralisée et participative dans la gestion de l’eau, permet la protection et la préservation de la ressource. En fait, le Maroc dépense déjà bon an mal an autour de 3 milliards de DH par an et avec la somme mobilisée pour sa nouvelle stratégie, il a fait un effort supplémentaire.
Le Maroc devra, sur la période considérée, économiser 2,5 milliards de m3 par an et dégager des ressources d’eau additionnelles de 2,5 autres milliards à travers l’action sur l’offre et l’optimisation de l’utilisation des ressources disponibles. Il n’y a aucune raison de ne pas réussir ce pari, explique-t-on au département de l’eau. Le Maroc, même s’il se situe en plein stress hydrique, dispose actuellement de quelque 720 m3 par an et par habitant. Mais il ne faut pas oublier que ce même potentiel était de 1 600 m3, il y a soixante ans, et que la pluviométrie a reculé de 30% dans le pays, durant la même période.