Gasoil : une baisse de 40 centimes le litre pourrait intervenir le 16 novembre

Les cours du pétrole en forte chute depuis juin dernier. Le décalage entre le calendrier de décompensation du gasoil et la périodicité de la révision de la structure des prix est à  l’origine de la polémique actuelle sur la subvention de ce produit.

Les cours du pétrole sont en baisse. En forte baisse même. Le Brent de la Mer du Nord, référence des achats marocains, était côté à 81,68 dollars le baril mardi 11 novembre en fin de journée, soit une chute de 26,7% par rapport à la cotation de début juin dernier. La veille, il était même descendu à 81,23 dollars le baril, soit le niveau le plus bas depuis octobre 2010.

D’aucuns pourraient penser que les prix des produits pétroliers au Maroc, parce que décompensés, devraient baisser dans les mêmes proportions. Evidemment que non. Les prix des carburants qui ne bénéficient plus de la subvention, comme l’essence et le fioul, suivent l’évolution, à la hausse ou à la baisse, des mêmes produits finis à l’international, selon une structure des prix, révisée toutes les quinzaines. La référence n’est donc pas le prix du brut mais des produits raffinés.

Reste le gasoil : celui-ci continue de bénéficier de la subvention publique qui était de 2,15 DH le litre à partir du 16 janvier 2014, puis de 1,70 DH le litre à partir du 16 avril, de 1,27 DH le litre à partir du 16 juillet et, enfin, de 0,80 DH le litre depuis le 16 octobre. Autrement dit, quand une révision du prix doit intervenir pour ce produit, elle a lieu le 16 du mois; alors que la structure des prix, elle, est révisée chaque quinzaine. Sans doute, est-ce ce décalage temporel qui a fait croire à certains que le prix du gasoil aurait dû baisser de 0,40 DH ou 0,45 DH depuis le 1er novembre, se basant pour cela sur la structure des prix couvrant la première quinzaine de ce mois. L’explication fournie par les professionnels du secteur est que ces 40 centimes qui figurent dans la structure des prix relèvent en fait de la cuisine interne de la Caisse de compensation. Plus clairement, c’est le montant unitaire de la subvention du gasoil que la caisse doit rembourser aux sociétés de distribution. Plus clairement encore, au lieu que l’Etat rembourse 0,80 DH pour chaque litre vendu entre le 1er et le 15 novembre, il remboursera 0,40 DH. Ceci en raison de la baisse des prix à l’international. Ça n’a donc strictement rien à voir avec le prix de ce produit à la pompe, lequel, s’il y a lieu, est révisé le 16 du mois. Et à ce propos, on peut d’ores et déjà annoncer, avec toutes les réserves d’usage bien entendu, que le prix du gasoil connaîtra une baisse à la pompe de l’ordre de 40 centimes à partir du 16 novembre courant.

Légère baisse des ventes de l’essence

Quoi qu’il en soit, et en dépit des ces évolutions, la consommation des produits pétroliers, hors gaz de pétrole liquéfié (GPL), rebondit. Selon les statistiques du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM), les ventes des produits blancs (essence, gasoil 50 PPM et gasoil de pêche) ont progressé de 5,35% sur les neuf premiers mois de l’année, par rapport à la même période de 2013. Dans le détail, c’est le gasoil de pêche qui a enregistré l’augmentation la plus importante : +62,14%. A ceci près que, dans l’absolu, les quantités vendues sont infiniment plus faibles comparées aux autres produits (71 728 tonnes ou 85 391 m3 entre janvier et septembre).

Les ventes du gasoil 50 PPM, elles, ont enregistré une hausse de 5,3% par rapport à l’an dernier : 3,4 millions de tonnes métriques vendues (soit un peu plus de 4 millions de mètres cubes). C’est, de loin, le produit le plus consommé. Et pour cause, une bonne partie du parc auto est diésélisé.
L’essence super, en revanche, accuse une baisse de 0,85% dans les ventes réalisées sur la période considérée : 367 135 tonnes métriques, au lieu de 370 284 tonnes métriques l’an dernier. Faut-il y voir l’effet de la décompensation complète de ce produit ? Sans doute, même si, historiquement, les ventes de ce produit ont toujours évolué faiblement.

Les ventes du carburant aviation, par contre, se sont bien comportées : +10,4%, à 471 337 tonnes métriques. Qu’il s’agisse de l’Avgas ou du Jet, les ventes ont progressé à peu près dans les mêmes proportions : +10,32% et +10,37% respectivement. Précisons quand même que l’Avgas représente moins de 1% du carburant aviation; tout le reste, c’est du Jet. Ceci afin de relativiser les variations concernant les ventes de ces deux produits.
Enfin, les ventes de fioul sont en chute libre : -21,20%, à 908 850 tonnes métriques. Là encore, la décompensation de ce produit y est probablement pour quelque chose.