Fruits rouges : une performance remarquable de la filière à l’export

• Des exportations d’une valeur de 6 milliards de dirhams par an et 16 millions de journées de travail, la culture des fruits rouges génère d’importantes retombées socioéconomiques et ne cesse de se développer.

Une consommation qui ne cesse d’augmenter en Europe, une production précoce, une main-d’œuvre bon marché permettant des coûts de production compétitifs, sont autant de facteurs qui ont contribué à l’expansion de la filière des fruits rouges au Maroc. Ces atouts ont attiré de nombreux investissements étrangers. «Pour compléter leur cycle de production, un grand nombre de producteurs européens ont scellé des partenariats avec des agriculteurs marocains de la filière». Résultat : l’activité enregistre chaque année de nouvelles performances.
Bien que relativement récente dans le Royaume, la filière compte en effet aujourd’hui 9 650 ha, générant une production totale de 201 300 tonnes, selon les chiffres de la campagne agricole 2019-2020 communiqués par le département ministériel de l’agriculture. Une belle évolution, puisque jusqu’à la fin des années 80, les superficies couvertes de l’activité qui avait débuté par la culture de fraisiers ne dépassaient pas 30 ha conduites en plein champ et localisées essentiellement dans la zone de Larache. Aujourd’hui, à elle seule, la culture de la fraise occupe 3 540 ha, ce qui génère 141480 tonnes, dont plus de la moitié est destinée à l’exportation à l’état frais ou surgelé.
En ce qui concerne les autres espèces de fruits rouges, à savoir la framboise et la myrtille, leur développement au Maroc a commencé au début des années 2000 au niveau des régions du Gharb et Loukkos, et tout récemment au niveau de la région de Souss-Massa. A noter qu’au cours de la campagne 2019/2020, la superficie globale de la framboise s’est élevée à plus de 2 450 ha, engendrant une production de plus de 31 850 t destinée essentiellement à l’exportation. La culture des myrtilles, a occupé pour sa part une superficie de plus de 2 310 ha et a généré une production de près de 27 670 t au cours de la même période.
Timides au début des années 90 avec seulement 266 tonnes, les exportations ont enregistré une importante croissance, notamment à partir de 1994.
«Les exportations de fruits rouges à l’état frais, qui constituaient au départ l’essentiel des exportations du Maroc en fraises ont été renforcées à partir de 1993 par les produits à l’état surgelé, marquant ainsi la complémentarité entre ces deux activités et la volonté des opérateurs marocains de rechercher une meilleure valorisation de leurs produits», est-il indiqué dans une note d’information du ministère de l’agriculture.
Au cours de la campagne 2019/2020, les exportations globales de la filière ont atteint 168 420 t, soit une augmentation de 11%, comparativement à la campagne 2018/2019 (151 760t). L’Union Européenne avec 95% du volume exporté reste la destination principale des exportations marocaines en fruits rouges. L’Espagne représente 35% de ces exportations, suivie de la France (33%) et du Royaume-Uni (20%). Sur le plan économique, l’évolution des exportations des fruits rouges en frais et surgelés/congelés représente aujourd’hui une source de devises pour le pays d’une valeur de 6 milliards de dirhams par an.
Pour accompagner le développement de la filière et inciter les opérateurs à investir, l’Etat accorde dans le cadre du FDA de nombreuses aides, est-il indiqué du côté institutionnel. Dans un document d’information, le ministère de tutelle donne le détail de ces aides. Pour la création d’abris de serres ou d’unités de valorisation, une subvention de 10% du coût d’investissement est accordée avec des plafonds fixés pour chaque type de serre et chaque type d’unité. Au niveau de la diversification des exportations, l’aide est de 500 DH/tonne pour la totalité des quantités de fraises exportées hors UE. Le développement des capacités de conditionnement des produits fruits et légumes bénéficie d’une subvention de 30% du coût de construction et équipement des stations. La subvention est de 25% du coût de l’investissement pour le développement des capacités de stockage frigorifique. Pour la transformation de produits à fort potentiel, l’aide est de 20% du coût de construction et équipement des stations, est-il précisé.
A noter que sur le plan organisationnel, une Fédération interprofessionnelle marocaine des fruits rouges, Interproberrie Maroc (IPBM) a été créée en janvier 2018. Elle est constituée de l’Association marocaine de production des fruits rouges (AMPFR) et de l’Association marocaine des conditionneurs exportateurs de fraises (AMCEF).
Dans le cadre de la nouvelle stratégie Génération Green, un contrat programme de nouvelle génération pour le développement de la filière des fruits rouges sera conclu entre le gouvernement et l’Interproberrie, annonce le département ministériel. L’évolution de cette filière aura assurément de nouvelles retombées socio-économique. Pour le moment, sur le plan social, ce secteur procure plus de 16 millions de journées de travail dont 10 millions au niveau des exploitations agricoles et 6 millions au niveau des unités de conditionnement et de surgélation.
Aujourd’hui, la diversification des marchés à l’export est de l’avis d’un professionnel un volet encore à renforcer. L’Asie est un marché qui se trouve dans la ligne de mire de certains exportateurs. Selon eux la demande est grande de ce côté. Il reste donc à mettre en place des accords phytosanitaires pour bien y introduire l’origine Maroc.