Fournitures scolaires : 350 DH par élève dans le public et jusqu’à  5 000 DH pour l’école privée !

Le prix des fournitures importées pèse sur le panier : un manuel peut atteindre 500 DH n Jusqu’à  600 DH pour un cartable. Français, maths, sciences…, les écoles privées marocaines exigent des livres importés.

L ibraires et papetiers se frottent les mains. En attendant le rush qui a lieu juste après la rentrée scolaire, ils ont commencé, depuis quelques semaines déjà à être pris d’assaut, notamment par les parents d’élèves des écoles françaises dont la liste des manuels de l’année scolaire à venir a été mise en ligne quelques semaines après la fermeture des classes.
Compte tenu de la coïncidence avec l’Aîd El Fitr, autre période de grosses dépenses, beaucoup de familles, particulièrement celles dont les enfants sont inscrits dans le privé, auront du mal à s’y retrouver financièrement. Les dépenses dépendent cependant du type d’école. Dans les écoles privées marocaines, le budget moyen par enfant atteint 3 500 DH. Il faudra prévoir 2 000 DH de plus pour les enfants scolarisés au sein des établissements de missions étrangères.
Les libraires et papetiers expliquent la hausse régulière, depuis plusieurs années, du panier moyen dans les écoles privées marocaines par le fait que la plupart d’entre elles optent pour les mêmes manuels de français, de mathématiques, de SVT (science et vie de la terre) et d’anglais que ceux demandés par les établissements de la Mission française, qui n’échappent pas non plus à la flambée. Les ménages doivent prévoir, dans ces cas-là, 300 à 500 DH par manuel. Selon les libraires, les manuels édités au Maroc, notamment les livres d’arabe, d’histoire-géographie et d’éducation civique, reviennent beaucoup moins chers, généralement entre 20 et 90 DH l’unité. Pour les écoles étrangères, ces manuels sont commercialisés entre 200 et 300 DH, parce qu’ils sont édités par le Service de la coopération culturelle des ambassades.
Dans ces conditions, les familles participent de plus en plus à la bourse des livres, organisée à la fin du mois de juin par les écoles étrangères, pour réduire le budget des fournitures scolaires. Cette bourse repose sur le principe d’échange des manuels entre élèves moyennant un prix inférieur de moitié à celui du neuf. Cette pratique n’est malheureusement pas adoptée dans les écoles marocaines.

Les enfants craquent pour les fournitures de marque

Mais le budget de la rentrée ne comprend pas que les livres. Les cahiers en constituent une bonne part et contribuent à son augmentation. Du côté des papetiers, on explique le phénomène par le fait que les enfants exigent des fournitures de marque, notamment pour les cahiers et les stylos importés. Ainsi, le prix d’un cahier Clairefontaine ou Calligraph grand format varie de 20 à 60 DH. Pour les stylos, certaines marques sont commercialisées entre 70 et 120 DH l’unité !
Les trousses, les cartables ou encore les agendas, obéissant depuis quelques années à un effet de mode, ont également vu leurs prix augmenter. Une trousse peut en effet atteindre 130 DH. Quant aux cartables, ils sont proposés entre 350 et 600 DH. Heureusement, le marché des fournitures scolaires dispose d’une offre moins coûteuse. On peut ainsi trouver dans les petites librairies de quartier des fournitures produites localement et vendues à des prix abordables : entre 2,50 et 20 DH pour un cahier, et de 50 à 120 DH pour les cartables, qui sont souvent des imitations des grandes marques.
Selon les librairies, le coût moyen d’un cartable garni pour un élève de l’enseignement public peut atteindre 350 DH. Il faudra toutefois noter que pour certaines familles, le cartable et les manuels sont fournis par les établissements. Par ailleurs, si la rentrée scolaire permet aux libraires de réaliser une part importante de leur chiffre d’affaires annuel, elle occasionne également des dépenses supplémentaires qu’ils doivent supporter. La majorité d’entre eux recrutent en effet des jeunes lycéens et étudiants pour renforcer leurs équipes afin d’assurer un service de qualité. En moyenne, les libraires engagent cinq à six temporaires avec un salaire allant de 1 200 à 1 500 DH, en fonction des tâches à accomplir. Ils leur offrent en plus les fournitures scolaires gratuitement.