Forte remontée du chômage et du sous-emploi

En milieu urbain, le chômage a augmenté de 1 point, à  14,6%. Les emplois créés l’ont été par deux secteurs, les services et l’agriculture. L’industrie a perdu 45 000 postes et le BTP 12 000.

Forte remontée du taux de chômage au premier trimestre de 2014 : 10,2% de la population active au lieu de 9,4% à la même période de l’année dernière, soit près de 1 point d’augmentation. En une année (ces chiffres s’entendent en glissement annuel), le nombre de chômeurs a grossi de 114 000 personnes, totalisant ainsi près de 1,2 million de sans-emplois. Ce sont là les dernières statistiques publiées par le Haut commissariat au plan (HCP) dans le cadre de son enquête trimestrielle sur la situation du marché du travail au Maroc.

Le diable se nichant dans les détails, les chiffres du HCP montrent également que c’est en milieu urbain que la hausse du taux de chômage s’est le plus accentuée : 14,6% contre 13,7% un an auparavant. Et ce sont les jeunes de 15-24 ans et les détenteurs de diplômes qui en ont été les plus affectés : respectivement 20,2% au lieu de 19,5% et 17,5% au lieu de 16,5%.

Mais ceci n’est pas tellement nouveau : le chômage est essentiellement un phénomène urbain, qui frappe surtout les jeunes et les diplômés. Ce qui l’est, par contre, c’est que cette fois-ci la hausse du chômage, contrairement à ce que l’on pouvait observer par le passé, s’est accompagnée de l’augmentation du sous-emploi (9,5% au lieu de 8,6%). Habituellement, et par un effet presque mécanique, lorsque le chômage augmente, le sous-emploi diminue ; et, inversement, lorsque le chômage diminue, le sous-emploi augmente. Ce changement peut être expliqué par le fait que le travail non rémunéré est sur une tendance baissière et que, globalement, les prétendants à l’emploi, de plus en plus formés, acceptent difficilement des offres qui ne correspondent pas tout à fait à leur profil. Les statistiques du HCP montrent d’ailleurs que la totalité des emplois créés (en terme net) sont des emplois rémunérés.

L’industrie perd des emplois depuis plus de dix ans

Autre chiffre significatif révélé par l’enquête du HCP, seuls deux secteurs ont créé des emplois : les services, avec un total de 93 000 postes et l’agriculture, forêt et pêche, avec 53 000 emplois. Cela fait un total de 146 000 emplois. En revanche, l’industrie, y compris l’artisanat, et le BTP ont, eux, perdu respectivement 45 000 et 12 000 emplois. D’où le solde net de 89 000 emplois créés.

Là encore, ce n’est pas vraiment nouveau, surtout pour l’industrie : cela fait en effet plus d’une dizaine d’années que la contribution de l’industrie tant à l’emploi qu’à la valeur ajoutée est en régression constante.