Forte progression de la demande en électricité

Sur les deux mois de 2005, la demande en énergie électrique a augmenté de 7,3 % par rapport à la même période de 2004

Les ventes à l’agriculture, au résidentiel et à l’industrie enregistrent les plus fortes progressions.

Les ventes d’électricité au Maroc, ces dernières années, ont connu une évolution très marquée. Sur les deux premiers mois de l’année 2005, la demande nationale en énergie électrique s’est élevée à 2 931,9 GWh, soit une progression de 7,3 % par rapport à la même période de 2004. La vague de froid qui s’est abattue sur le pays y est sans doute pour quelque chose, puisque le 2 février dernier, on a enregisté une pointe maximale de 3 219 MW, en hausse de 7,5% par rapport à celle de l’année dernière à la même période. Mais il n’y a pas que le froid, bien évidemment.
En 2004, la demande a augmenté de 7,1 % par rapport à 2003, laquelle année avait enregistré une hausse de 8 %.
Certes, une bonne partie de cette progression de la demande, comme on le verra plus loin, provient de l’avancement, à un rythme désormais soutenu, du programme d’électrification rurale globale (PERG). Mais on peut penser que cette hausse reflète, malgré tout, un certain dynamisme de l’activité économique, si on considère celle-ci dans son acception générale.
Ainsi, en 2004, les ventes de l’ONE (Office national de l’électricité), tous clients confondus, ont atteint 16 324 GWh (ou 16 324 000 MWh). En observant la décomposition de ces ventes par secteur (voir tableau), on constate que les grosses progressions ont surtout été enregistrées dans l’agriculture (+17%), le résidentiel (+10,5%) et, mine de rien, dans l’industrie (+9,8%).

Le déficit hydrique dope la consommation énergétique de l’agriculture
Pour l’agriculture, l’accroissement des ventes est à imputer, au moins en partie, au déficit hydrique qui a obligé les agriculteurs à recourir intensément au pompage de l’eau. Par contre, dans le secteur résidentiel, la hausse (+10,5%) provient des nouvelles constructions bien sûr, ce qui dénote du dynamisme de cette branche du BTP, mais surtout de l’accélération du rythme de réalisation du PERG. La ventilation du portefeuille clients de l’ONE montre en effet que l’augmentation de ce dernier (de 10,6 % pour atteindre
2 657 286 clients) est due en grande partie au PERG qui a permis, en 2004, le raccordement au réseau de 3 610 villages – sans parler de l’électrification par kits solaires de 363 autres villages.

L’ONE prévoit d’investir 30 milliards de DH d’ici à 2010
Quant à l’industrie, quoi qu’on ait pu en dire, elle ne se porte pas si mal que cela, du moins en regard du rythme d’évolution de sa consommation d’énergie électrique. On peut se demander, dans ces conditions, pourquoi cet accroissement de la demande en énergie électrique, qui traduit d’une manière ou d’une autre le niveau de l’activité économique, ne se retrouve pas tout à fait dans la progression du PIB global. L’explication qui paraît la plus plausible serait que ce PIB global, tel qu’il est aujourd’hui calculé, ne reflète pas fidèlement la réalité économique du pays (voir sur cet aspect de la croissance économique La Vie éco du 4 mars 2005).
Quoi qu’il en soit, la demande en électricité ne cesse de croître, et la preuve en est l’important programme d’investissement de l’ONE destiné à y faire face. Après 3,2 milliards de DH en 2003, 4,1 milliards de DH en 2004, l’ONE prévoit d’investir en 2005 pas moins de 4,7 milliards de DH. Parmi les projets dont le démarrage des travaux est prévu pour cette année, citons la construction d’un parc éolien de 60 MW à Essaouira, d’une centrale thermo-solaire à Ain Beni Mathar (dans la région de Jerrada) et le lancement de l’appel à concurrence pour la réalisation d’un parc éolien à Tanger de 140 MW. A cela s’ajoutent les travaux de rénovation des ouvrages déjà en activité, comme la centrale de Mohammédia, par exemple, et ceci afin de les fiabiliser et d’en optimiser la production.
Et ce n’est pas fini : d’ici à 2010, le montant des investissement prévus s’élève à 30 milliards de DH, précise-t-on à l’ONE. Dans le domaine du renforcement du parc de production (parce qu’il n’y a pas que cela), certains projets sont déjà dévoilés : le projet Al Wahda à proximité du gazoduc Maghreb-Europe (GME – voir encadré), et l’extension de la centrale de Tahaddart par la construction d’une deuxième unité de 400 MW.
Enfin, le renforcement, en les doublant, des interconnexions avec les pays voisins (l’Espagne et l’Algérie) viendra s’ajouter aux autres réalisations afin de répondre dans les meilleures conditions à la demande en électricité qui ne cesse de progresser.