Forte hausse du prix du poulet de 8 à  10 DH le kilo durant ces dernières semaines !

La forte demande en raison des fêtes de mariage et des réceptions organisées lors du retour de la Omra explique la tendance. Les prix devraient rester élevés à  cause de la hausse des cours du maïs et du soja. Les éleveurs assurent que le secteur est toujours en crise.

Le prix du poulet de chair donne du tournis au consommateur. Durant ces dernières semaines, il a augmenté considérablement, entre autres, en raison de la forte demande qui survient à pareille période, marquée traditionnellement par les fêtes de mariages. Dans les grandes surfaces comme à Marjane, le kilo du poulet entier «à cuire» était à 36,50 DH durant le week-end du 1er septembre. A la même date, les étiquettes étaient à 32,50 DH à BIM. Cependant, cet écart de 4 DH, on le doit sûrement à une promotion car partout le prix a grimpé. C’est le cas dans les tueries traditionnelles qui ont pignon sur rue dans les quartiers populaires, où le kilogramme se vend entre 22 et 23 DH. Mais à ce prix du kilo, il faut ajouter le prix de l’abattage et du plumage. Et en intégrant le fait que le poids acheté vif doit être revu à la baisse, on s’achemine allègrement vers les 30 DH. Bref, par rapport aux six premiers mois de l’année, le prix du poulet de chair a augmenté de 8 à 10 DH.

Cette hausse est survenue, à la base, dans les fermes. Au 31 août, le prix départ ferme était de 18 DH contre 11 à 12 DH au cours des premiers mois de l’année, d’après les statistiques de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa). Durant le mois dernier, la moyenne s’est établie à 16,50 DH le kilo, avec un pic de 20,50 DH atteint le 24. Cette envolée était perceptible depuis avril, et s’est confirmée en juin et juillet avec une moyenne de 13,50 DH.

Il est évident, comme le souligne Chawki Jirari, directeur de la Fisa, que tous les éleveurs ne vendent pas en même temps, et que les prix changent du jour au lendemain en fonction de l’offre et de la demande.

C’est justement la forte demande qui a été à l’origine de l’augmentation notable des prix. A la hausse sensible de la consommation constatée lors de la Nuit du destin, se sont ajoutés les effets des fêtes organisées pour le retour des pèlerins de la Omra et lors des mariages. La demande reste particulièrement concentrée sur le poulet. A preuve, le prix de la dinde a certes augmenté, mais dans une proportion nettement moindre.

La hausse a davantage profité aux intermédiaires

A l’instar de beaucoup de filières agricoles et de la pêche, ce sont les intermédiaires qui ont davantage profité de l’évolution du marché, sachant que les éleveurs, comme l’indique l’un d’entre eux, sont tenus par le respect du cycle de production. «Dès que le poulet atteint le poids requis, autour de 2,5 kg, il est urgent de s’en défaire durant les 5 jours qui suivent. Sinon cela va engendrer des surcoûts liés au nourrissage et au suivi vétérinaire et autres», explique-t-il. Et puis, le cycle de production est extrêmement compliqué car aux 42 jours du nourrissage intensif succèdent 4 à 5 jours pour la vente. Mais tout de suite, il faut procéder au lavage et à la désinfection des lieux où aucun élevage ne doit intervenir durant 20 jours (vide sanitaire) pour respecter la loi et éviter tout problème pour la santé de l’élevage à venir.

En somme, les éleveurs sont dans l’incapacité de stocker leurs marchandises pour en tirer le maximum. Ce qui les pousse à dire que l’activité est de plus en plus fragile, malgré la hausse des prix. Déjà, soulignent-ils, l’évolution du prix habituel de vente est beaucoup plus faible que l’augmentation de celui des aliments. Chawki Jirari parle d’une augmentation de 83% du cours de maïs entre juin et juillet 2012 et de 58% de ceux de tourteau de soja entre janvier et juillet 2012, au niveau de la bourse de Chicago.
Tout cela veut dire que si les cours actuels sont portés par la forte demande, il est évident que le prix du poulet de chair va rester à un niveau élevé.

Dans quel ordre ? Personne ne peut le prévoir, mais les professionnels estiment qu’en dehors des périodes de fortes demandes le prix départ ferme devrait se situer entre 15 et 17 DH au lieu de 12 à 13 DH. Mais il faut croire qu’avec une production optimisée, un recours systématisé aux abattoirs avicoles et une meilleure maîtrise de l’intermédiation, le poulet de chair ne devrait pas arriver aux cours actuels.