Forte hausse des capacités d’accueil des aéroports de Marrakech et Fès dès 2015

En attendant la mise en Å“uvre de la stratégie Ajwae, un investissement de 6 milliards de DH est en cours pour moderniser les aéroports à  vocation touristique et ceux des régions enclavées. La capacité de Fès-Saiss sera portée à  2,5 millions de passagers par an et celle de Marrakech Menara à  9 millions. Le ministère de l’équipement étudie la possibilité de développer l’aviation d’affaires dans la ville ocre.

C’est l’un des grands défis que doit relever le Maroc : les aéroports nationaux nécessitent une importante mise à niveau pour pouvoir répondre à la croissance importante des flux de passagers attendue pour les années à venir. Certes, la stratégie Ajwae 2035 consacre tout un chapitre à ce volet (www.lavieeco.com), mais le Royaume ne peut attendre l’entame de sa mise en œuvre pour investir dans ses infrastructures aéroportuaires. C’est pourquoi le ministère de l’équipement et l’Office national des aéroports (ONDA) se sont d’ores et déjà engagés dans un vaste programme d’investissement de 6 milliards de DH sur la période 2014-2018.
Dès 2015, ce programme devrait se traduire par la mise en exploitation du nouveau terminal de l’aéroport Fès-Saïss, un des plus importants chantiers entamés par l’office ces dernières années. En tout, le projet qui a nécessité une enveloppe de près de 480 MDH multipliera par cinq la capacité de l’enceinte pour la porter à 2,5 millions de passagers. Ce chantier témoigne de la nouvelle approche des pouvoirs publics visant le renforcement des capacités aéroportuaires des régions touristiques.
Vu que les études ont démontré que les voies aériennes restent le moyen de transport privilégié des visiteurs étrangers, il était donc indispensable de s’atteler à renforcer les capacités des aéroports à vocation touristique. C’est le cas de Fès-Saïss mais aussi de l’aéroport Menara de Marrakech dont le chantier, qui concerne pour le moment le terminal 2, est réalisé à près de 50%. Parallèlement, l’ONDA mène actuellement des études pour la reconfiguration du terminal 1. Les deux projets ont le même objectif : remédier aux risques de saturation de l’enceinte. Actuellement, l’aéroport de Marrakech peut à peine accueillir 3,5 millions de passagers par an dans des conditions acceptables. Or, d’après les estimations, les besoins dépasseront ce seuil à partir de l’année en cours, ce qui n’est pas sans conséquence sur la qualité de service offerte dans un aéroport qui constitue la porte d’entrée d’une grande majorité des touristes visitant le Royaume.

La construction d’aéroports satellites peut être envisagée

C’est pourquoi les pouvoirs publics tentent de porter rapidement la capacité globale de la ville ocre à 9 millions de passagers. De plus, des pistes sont actuellement explorées pour la construction d’un nouveau terminal permettant de faire face aux besoins à l’horizon 2025 ou celle d’un autre aéroport dans la région de manière à soulager l’actuelle structure. Les responsables du ministère et de la région ont déjà tenu plusieurs réunions pour définir le foncier devant abriter la nouvelle structure. En attendant, le ministère de l’équipement étudie la possibilité de renforcer l’activité d’aviation d’affaires. Dans ce cadre, il a fait savoir, il y a quelques mois, son souhait de doter l’aéroport de Marrakech d’un terminal spécialement dédié à cet effet.
Hormis l’intérêt porté aux principales destinations touristiques, des aéroports dits de désenclavement font également l’objet d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics. L’objectif est de doter les régions dont la desserte terrestre est, soit difficile, soit très longue, d’infrastructures permettant d’améliorer leur connectivité avec le reste du Royaume. C’est le cas de Guelmim dont le projet de construction d’une nouvelle aérogare devrait être bouclé en 2015. Celle-ci permettra de doter la région d’une capacité aéroportuaire de 700 000 passagers par an et d’accueillir des escales de vols intérieurs en direction d’autres grandes villes du Sud comme Dakhla ou Laâyoune.
C’est dire toute la portée stratégique des investissements qui devraient être finalisés en 2015. Ils viendront s’ajouter à ceux dont la concrétisation s’est déjà faite en 2014, à l’instar de l’aéroport de Béni-Mellal, inauguré par le Souverain en mai dernier.