Forte chute des réservations pour les fêtes de fin d’année

Les consommateurs des pays émetteurs ont réduit leur budget voyage.
Les espoirs se reportent sur les réservations de dernière minute.

Hôteliers et voyagistes broient du noir. Les réservations pour les fêtes de fin d’année se font rares.Elles sont, pour les uns, «en chute libre» par rapport à l’année dernière, et pour d’autres, «en net recul».Tout le monde attend les commandes de dernièreminute pour sauver les meubles.
A l’origine, il y a, bien sûr, la crise qui sévit dans les marchés émetteurs et où le poste voyages est le premier à être sacrifié par les ménages. En effet, selon un sondage effectué par un journal français sur le net, 43 % des personnes interrogées affirment avoir réduit leur budget vacances sans pour autant y renoncer, 24 % déclarent avoir annulé tout bonnement leurs vacances, 22% seulement affirment que les vacances sont sacrées, et 11 % ne savent pas encore s’ils vont partir en vacances ou non.Ceci étant, beaucoup déclarent se replier sur les destinations de proximité dont le Maroc, ce qui suscite quelques espoirs, mais sans plus.
Abdelali Chaoui, patron de Selectours, résume ainsi la situation : «A pareille époque de l’année dernière, on recevait en moyenne 1 500 appels par jour dans nos bureaux de vente.Cette année, on en reçoit moins de 300». Pour lui, les consommateurs des marchés émetteurs ont perdu confiance.Résultat : beaucoup de voyagistes revoient à la baisse leurs effectifs et les relations entre tour-opérateurs et distributeurs ne sont plus au beau fixe. «Il faut réserver et payer rubis sur l’ongle car personne ne fait plus crédit à personne», souligne-t-il.

Pas de visibilité pour le premier trimestre 2009
Sans être alarmiste, Jean Jacques Boucher, DG de Fram Maroc, est du même avis. «Le volume de nos réservations a nettement baissé par rapport à la même période de l’année dernière et nous essayons de colmater les brèches par des économies dans d’autres postes de dépenses», explique-t-il. En tout cas, les embauches (CDI ou emploi saisonnier pour trois ou quatremois) sont gelées. «Pour tout le premier trimestre 2009,nous sommes dans le brouillard», conclutM.Boucher. Pourtant,Framest leTO qui a le plus investi dans la publicité cette année, avec une campagne soutenue et de longue durée.
De manière générale, les hôteliers ne savent plus à quel saint se vouer car le temps où ils avaient une visibilité de plusieurs mois est révolu. Bien sûr, on incrimine la campagne de promotion de l’Office national marocain du tourisme dans les pays émetteurs, qui a démarré «très en retard», selon certains d’entre eux. Il faut espérer que l’envie de dépaysement, même pour quelques jours, aura raison de la sinistrose qui affecte le marché européen.