Forte attraction du Maroc sur les compagnies aériennes du Golfe

Etihad Airways a ouvert une ligne directe entre Rabat et Abou Dhabi, Qatar Airways en a fait de même entre Marrakech et Doha. Le potentiel d’affaires entre le Maroc et le Moyen-Orient aiguise l’appétit de ces compagnies. Elles entendent aussi exploiter les possibilités de continuation sur l’Extrême-Orient.

Depuis le début de l’année, les compagnies aériennes du Moyen-Orient investissent de plus en plus le marché marocain. Outre les liaisons classiques et quotidiennes (Casablanca-Dubaï opérée par Emirates, Casablanca-Abou Dhabi par Etihad, Casablanca-Jeddah par Saudi Arabia Airlines et Casablanca-Doha par Qatar Airways), en janvier 2016, Etihad Airways a lancé une liaison entre Abou Dhabi et Rabat deux fois par semaine. Qatar Airways s’est, elle, intéressée à Marrakech à travers une liaison directe entre Doha et la ville ocre. Et ce, depuis le 1er juillet à une fréquence de 3 vols/semaine. Cet enthousiasme est expliqué par le potentiel d’affaires existant entre le Maroc et les pays du Moyen-Orient. La preuve, les investissements directs étrangers en provenance du Golfe ont connu une hausse significative depuis quelques années déjà. D’après les derniers chiffres disponibles, l’encours des investissements directs détenus par les Emirats Arabes Unis au Maroc s’élève à 32,1 milliards de DH en 2013 contre 25,8 milliards en 2012, soit une progression de 24,7%. Celui de l’Arabie Saoudite est de 11,48 milliards de DH en 2013 contre 9,62 milliards en 2012, en hausse de 19,3%.

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L’Arabie Saoudite et les EAU plus ouverts sur le Maroc

En 2013, les EAU étaient le 3e fournisseur d’IDE pour le Maroc après la France et l’Espagne. En 2014, le flux net est de 4,1 milliards de DH, en amélioration de 13,7% par rapport à 2013. Le flux net des IDE avec l’Arabie Saoudite est pour sa part estimé à 3,8 milliards de DH, en évolution de 13% par rapport à 2013.

Même les recettes des MRE installés dans ces deux pays prennent de l’importance. En 2014, les 38 000 MRE installés aux EAU ont apporté 4,2 milliards de dirhams, soit 7% du total des recettes des MRE installés dans le monde. Ils se classent 4e après la France, l’Italie et l’Espagne. La même année, les 50 000 Marocains résidant en Arabie Saoudite ont, eux, envoyé 3,6 milliards de DH, soit 6% du total (ils se classent 5e). C’est dire l’importance grandissante de ces deux pays dans les échanges extérieurs avec le Maroc.

Le potentiel touristique très prometteur

EmiratesLe potentiel touristique est tout aussi important. Si la desserte entre Rabat et Abou Dhabi est destinée majoritairement aux diplomates et aux hommes d’affaires, celle de Qatar Airways est dédiée à une clientèle touristique, mais pas seulement émiratie. La compagnie qatarie est en code share avec Royal Air Maroc depuis une année. Ce qui permet à toute la clientèle issue du Moyen et de l’Extrême-Orient de venir au Maroc et en même temps de bénéficier des dessertes vers les pays d’Afrique de l’Ouest offertes par RAM. Ceci est aussi valable dans le sens contraire. Certaines ouvertures ont déjà porté leur fruit. Les arrivées en provenance des marchés du Moyen et Extrême-Orient sont parmi les rares à afficher une forte hausse en 2016. Selon les derniers chiffres de mai 2016 de l’Office national des aéroports (ONDA), les arrivées en provenance du Moyen-Orient ont progressé de 20,72% par rapport à mai 2016, à 113 168. Même si la part de la destination dans le total des arrivées mondiales vers le Maroc n’est que de 7,42%, elle se classe troisième après l’Europe (69%) et le Maroc (12%). Elle devance même l’Afrique hors Maghreb (6%).

Néanmoins, les voyagistes marocains semblent moins emballés que les compagnies. La clientèle issue des pays du Golfe est importante certes, mais le potentiel n’est pas assez conséquent pour s’y spécialiser exclusivement. Pour Ali Benaddou, DG de Monarch Travel, les dessertes aériennes ne peuvent qu’aider à booster la destination, mais cela ne compense pas les baisses d’arrivées européennes (elles ont baissé de 2,65% en mai 2016). De plus, les compagnies ne vont pas fermer les yeux sur la rentabilité. «Si Qatar Airways a du mal à remplir ses avions vers Marrakech, la liaison aérienne sera tout simplement supprimée», déplore un agent de voyages.