Forsa vient d’être lancé, il suscite déjà de l’engouement

En à peine quelques jours, le nombre de dossiers et demandes a dépassé la barre des 40 000. Après sélection, ce sont 10 000 porteurs de projets qui seront accompagnés. Un budget de 1,25 milliard de DH alloué à cette initiative gouvernementale.

A peine lancé depuis une semaine, soit le 7 avril, le programme Forsa, lancé par le gouvernement, suscite visiblement un engouement certain parmi les porteurs de projets.

Même s’il est encore trop prématuré de parler d’indicateurs chiffrés précis, il n’en demeure pas moins que les premières tendances enregistrées sur la plateforme dédiée au programme sont édifiantes en termes de flux. Des sources proches de l’équipe de pilotage du programme font état d’un volume important de premières demandes manifestées sur ladite plateforme même s’il ne s’agit encore, assurent les mêmes sources, «que de tendances préliminaires». Même si le chiffre dépasse les 40 000 demandes, «il faut rester prudent car nous n’en sommes qu’au démarrage et surtout, il reste encore un travail important à faire en termes de tri et de qualification des dossiers», indique-t-on sur un ton prudent. Mais une chose est sûre : tel que c’est parti et tel qu’il a été conçu, le programme Forsa constituera certainement une opportunité pour des milliers de porteurs de projets.

Après le programme «Awrach», c’est le deuxième projet phare à être lancé par le gouvernement dans le cadre de sa politique de lutte contre le chômage, de la promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat. Comme pour le cas de «Awrach», et quelques jours après avoir été lancé, la mise en œuvre de Forsa connaît un bon état d’avancement. La SMIT, qui relève du ministère du tourisme et qui pilote ce projet précise qu’un travail de fond a été réalisé en matière de détermination du cahier des charges des incubateurs. Ainsi, ce sont 58 appels d’offres d’incubateurs qui ont été lancés pour chaque région, en plus de 12 autres pour le choix des institutions de financement, par lesquelles devra passer le financement des projets. Par ailleurs, la SMIT met l’accent sur la nécessité d’intégrer la commande publique dans le choix de ses prestataires. Le centre d’appel, lui, est déjà opérationnel.

Au final, seront accompagnés 10 000 porteurs de projets, d’ici à fin 2022, dans le cadre de ce programme d’accompagnement, de formation et de financement, depuis la phase d’idéation jusqu’à la réalisation effective de leurs projets. Il est destiné à l’ensemble des résidents au Maroc et les Marocains établis à l’étranger, âgés de 18 ans et plus, qu’ils soient porteurs d’idées ou de projets d’entrepreneuriat ou fondateurs de TPE de moins de 3 ans. L’éligibilité à cet accompagnement ne nécessite aucun pré-requis de diplôme, de qualification ou d’expérience et tous les secteurs d’activité sont éligibles. A noter que le budget alloué pour ce programme n’est pas moins de 1,25 milliard de DH. Il comprend un prêt d’honneur allant jusqu’à 100 000 DH, à taux nul, dont une subvention de 10 000 DH pour l’ensemble des projets retenus. Ce prêt qui, au final, s’élève à 90 000 DH est remboursable sur une période maximale de 10 ans, avec un différé de 2 ans. Au delà du financement, l’expérience marocaine en matière d’encouragement à l’investissement et à la création d’entreprises a démontré la nécessité d’offrir un accompagnement aux porteurs de projets, mais aussi une formation adaptée. Et la différence entre ce programme et les précédents déjà lancés, c’est justement le départ.

En effet, le dispositif comprend une formation e-learning pour tous les projets retenus ; cela, dans l’objectif d’initier les porteurs de projets à l’entrepreneuriat, de structurer leurs projets, cerner leurs marchés, s’informer sur les différentes formes juridiques des entreprises, d’établir leur plan de financement… Notons que chaque module de formation est sanctionné par un certificat, dont l’obtention, elle, est conditionnée par une évaluation des acquis au terme du module.

Une fois le certificat de réussite obtenu, les candidats seront accompagnés par un incubateur local pour finaliser leur dossier de demande de financement et présenter leurs projets devant une commission dédiée. Cela dit, les porteurs de projets, ayant besoin d’un accompagnement rapproché avec un potentiel prometteur, bénéficieront d’une incubation de 2 mois et demi, avant de soumettre leur dossier de financement. Les appels d’offres ont déjà été lancés pour sélectionner les établissements partenaires parmi les incubateurs locaux, représentés par les organismes de la société civile, spécialisés dans l’accompagnement et le suivi des projets entrepreneuriaux. A l’issue de la formation et de l’incubation éventuellement, les porteurs de projets seront accompagnés dans l’élaboration de leur dossier de financement. Il sera évaluer par différents experts, qui donneront leur approbation pour l’obtention du prêt d’honneur, en précisant le montant qu’ils jugent adéquat en fonction de la nature et des besoins du projet. Si l’accompagnement et la formation sont assurés au lancement du projet, le suivi l’est également post-création par ces mêmes instituions de financements qui seraient choisies.

Chaque projet soumis est examiné par des experts

Les porteurs de projets peuvent déposer directement leur dossier en ligne via la plateforme digitale dédiée : www.forsa.ma ou demander assistance auprès des Desks Forsa ouverts à cet effet dans les 12 régions. Un centre d’assistance téléphonique (5544) sera également mis à disposition des porteurs de projets et aura pour rôle de les orienter tout au long du processus, qu’il s’agisse de demandes d’informations, de candidature via la plateforme, ou encore de prises de rendez-vous pour les entretiens… Chaque projet soumis via la plateforme est examiné par des experts qui évaluent, d’une part, le niveau d’engagement du candidat et, de l’autre, la faisabilité du projet et son potentiel de développement pour la région. Les candidats sélectionnés à ce stade sont ensuite convoqués pour un entretien avec un expert au niveau de leurs régions.