Fonction publique : la gestion du personnel circonscrite à  l’application de la réglementation

L’Education nationale emploie 54% des fonctionnaires. La répartition du personnel est inéquitable tant du point de vue régional que sectoriel. Le salaire minimum est de 2 800 DH et la moyenne de 7 200 DH.

«Une administration au service du citoyen», ce slogan ressassé par le gouvernement afin de promouvoir ses différentes réformes du service public va-t-il enfin prendre du sens ? Ce chantier lancé en 1993 a été remis au goût du jour sous le gouvernement Benkirane, d’abord par Abdeladim El Guerrouj, puis par son successeur, Mohamed Moubdii, qui a relancé à cet effet les fameuses «Rencontres de la modernisation de l’administration». En interne, le ministère de la fonction publique semble prendre la mesure de certaines problématiques. L’une d’entre elles, et pas la moindre, est la répartition inégale, in fine, inéquitable, des ressources humaines, comme le démontre un rapport interne portant sur l’année 2013.
Avec 282 129 fonctionnaires, le ministère de l’éducation nationale emploie à lui seul, et malgré ses piètres résultats, 54,09% des effectifs de la fonction publique. Un décalage alarmant, comme le souligne l’actuel inspecteur général des affaires administratives, Mustapha Hddigui : «L’administration du personnel, au Maroc, se limite à l’application de la réglementation en vigueur et la mise en œuvre et le suivi des décisions de gestion, ainsi qu’à la tenue et la mise à jour des documents, registres et fichiers des personnels. La GRH, en plus de ces tâches lourdes, mais incontournables, recouvre des domaines plus larges, prenant en compte les nouvelles dimensions de gestion des personnels telles que les prévisions d’emploi, les plans de carrière, l’évaluation et la promotion des personnels, l’élaboration et la mise en œuvre des plans de formation, l’amélioration des conditions de travail des personnels, l’information et la communication». Il détaille un peu plus le constat établi par l’étude. Les rédacteurs ont en effet relevé que «la gestion des personnels du secteur de l’éducation est lourde et complexe, compte tenu de certains facteurs spécifiques qui la caractérisent».

16% des fonctionnaires concentrés dans la région Rabat-Zemmour-Zaër

Parmi ces facteurs on peut citer la masse importante des personnels, dont les effectifs, même éclatés au niveau des régions, restent relativement élevés, ou encore «la diversité des corps et des grades, aggravée par le recours, de plus en plus fréquent, aux auxiliaires et aux contractuels pour répondre aux besoins pressants de l’éducation pour tous». La spécialisation des enseignants par discipline qui n’est pas prise en compte par la gestion des postes budgétaires et la multiplicité des intervenants dans la GRH, tant au niveau interne du MEN (directions de planification, de gestion pédagogique…), qu’au niveau externe (ministères des finances, de la fonction publique…) sont d’autres problèmes mis en évidence.
On relève que la structure professionnelle du personnel, constitué à 38% de femmes, est dominée par le corps des enseignants qui assure, en plus de sa mission d’enseigner, qui est sa vocation première, des fonctions à caractère administratif ou technique. Le personnel non enseignant est composé généralement d’un corps des inspecteurs qui assure l’encadrement pédagogique, voire administratif et technique, des corps des personnels administratifs, techniques et de soutien, relevant du cadre particulier des fonctionnaires du ministère de l’éducation; des corps des personnels interministériels, n’appartenant pas au statut particulier du ministère (ingénieurs, administrateurs, architectes, informaticiens…).
C’est le ministère de l’intérieur qui suit celui de l’éducation nationale avec 15,64% du personnel de l’Etat. Viennent ensuite la Santé (8,87%), l’Enseignement supérieur (4,48%), l’Economie et les Finances (3,13%), et la Justice (2,74%).
Pour ce qui est de la répartition par statut, 93,44% des postes pourvus par l’administration concernent des fonctionnaires titulaires, le reste est divisé entre stagiaires (5,95%), intérimaires et contractuels (1%). 20% des fonctionnaires relèvent des échelles 5 à 6, 18% des échelles 7 à 9 et 62% de 10 et plus. Le salaire minimum est passé de 1 500 à 2800 DH, le salaire moyen a quant à lui atteint 7 200 DH contre 5 300 DH en 2007. Au niveau régional, Rabat-Zemmour-Zaër regroupe logiquement le gros des ressources humaines étatiques avec plus de 16,23%, suivie du Souss (10,06%) et de la région du Grand Casablanca (9,93%).