Fogarim : 621 millions de DH de prêts ont été accordés

5 538 acquéreurs ont bénéficié de la garantie depuis son lancement dont plus de 4 000 depuis novembre 2005
seulement.
Le taux d’intérêt appliqué est de 7,25 % HT et le
taux de contentieux atteint à  peine 1,5 %.

Amina est employée de maison depuis plusieurs années. Elle habite actuellement un bidonville à  Casablanca, mais voudrait «sortir de l’insalubrité». Les publicités relatives au Fogarim (Fonds de garantie pour les revenus irréguliers et modestes) l’ont finalement poussée à  réfléchir à  l’achat d’un logement décent. Le promoteur immobilier auprès duquel elle s’est rendue lui a proposé de contracter un crédit immobilier dans le cadre de ce fonds mis en place par le ministère chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme. La banque qu’elle a contactée lui a soumis la simulation suivante : pour 140 000 DH, prix du logement à  acquérir, elle devrait payer 1101,28 DH sur 300 mois (25 ans). Une mensualité qu’elle ne peut évidemment pas payer, compte tenu de son très modeste revenu, ne dépassant guère les 1000 DH/mois.

Le Fogarim est plus prisé à  Casablanca, Témara et Fès
Mustapha, commerçant également dans la métropole, a eu beaucoup plus de chance. Une vingtaine de jours a suffi à  son banquier pour donner un avis favorable à  sa demande de crédit immobilier. Mustapha voudrait acquérir un logement économique à  El Houda, du groupe Addoha, qui lui coûtera 175 000 DH. Il contractera un prêt de 150 000 DH, avec une mensualité de 1100 DH, également sur 25 années. Les 25 000 DH restants ? «Je me les suis débrouillé, en comptant sur la famille, les amis et une petite épargne», explique-t-il. Un apport personnel que beaucoup de personnes à  revenu modeste ou/et irrégulier, se trouvent actuellement dans l’incapacité de fournir.

«La meilleure manière de traiter ces dossiers est de prendre en compte le pouvoir de remboursement de ces ménages», explique un chef d’agence de la Banque Populaire à  Salé, ville qui demeure très peu touchée par la fièvre du Fogarim (191 bénéficiaires seulement), loin derrière Casablanca (3 051), Témara (696) et Fès (440), selon les chiffres au 19 mai, arrêtés par la Caisse centrale de garantie (CCG). «Nous conseillons toujours à  ces personnes de chercher le logement en premier lieu. Son prix ne doit pas dépasser 200 000 DH, frais d’acquisition compris. Nous leur faisons par la suite une simulation de crédit ainsi qu’une liste de documents à  fournir. Leur dossier est automatiquement transféré à  un service entièrement dédié au Fogarim au sein de la banque régionale», précise ce cadre. La demande, une fois traitée par la banque, est envoyée à  la CCG qui, via un système informatique mis en place à  cet effet, vérifie les critères d’éligibilité. Les rejets sont re-transférés sur le champ à  la banque concernée et les raisons du rejet sont explicitement signalées. Les dossiers sont ainsi revus par les services compétents des agences bancaires. «Le tir est ainsi rectifié en très peu de temps. Et en principe, la quasi-totalité des dossiers rejetés sont acceptés par la suite», souligne pour sa part Abdelaziz Bounakhla, directeur des fonds sociaux au sein de la caisse. Ce dernier tient à  signaler, au passage, l’absence d’une quelconque intervention humaine dans l’étude des dossiers au sein de son institution.

Le CIH et la Banque populaire sont les plus impliqués
Aujourd’hui, la fièvre du Fogarim est bien là . Alléchant. Pour toute cette catégorie de personnes, disposant d’un revenu irrégulier et qui, jusque-là , étaient restés en marge du système bancaire, c’est une bouffée d’oxygène qui leur est offerte. Et elles ne s’en privent pas. Depuis sa mise en service officielle au début 2004 (la convention entre l’Etat et le GPBM ayant été signée en décembre 2003), ce sont 5 538 dossiers qui ont bénéficié de cette garantie pour un montant global de près de 621 MDH. Longtemps frileuses devant ce système, les banques s’y sont intéressées petit à  petit. Les dernières modifications, opérées en octobre 2005 et se rapportant à  l’augmentation du plafond de la mensualité (1500 DH) et à  la présentation d’une seule déclaration sur l’honneur attestant des revenus, y sont pour beaucoup. Si le CIH et la Banque Populaire, banques qui ont adhéré au mécanisme dès son lancement, détiennent la part du lion des prêts accordés (respectivement 3 336 et 1 417), BMCE Bank et Attijariwafa bank sont en train de rattraper leur retard (615 et 256 prêts respectifs accordés depuis janvier 2006). «Mais nous sommes loin des 30 000 dossiers équivalant à  la vitesse de croisière prévue par la CCG», estime M. Bounakhla. Et pourtant, les responsables de cette institution sont optimistes. Un optimisme partagé d’ailleurs par le département ministériel concerné.

Pour Moulay Cherif Tahiri, directeur de la promotion immobilière au sein du ministère chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme, le Fogarim marche enfin. «Les premiers pas hésitants sont un mauvais souvenir», commente-t-il en mettant en exergue un taux de contentieux enregistré par les banques de l’ordre de 1,5%, «très faible par rapport aux autres types de crédit». En attendant, la caravane du Fogarim continue de sillonner le Maroc. Samedi 13 mai 2006, elle était à  Tanger, après son lancement. Prochaine étape, Marrakech, du 23 au 25 juin.

Succès
Fogalef : près de 4,5 milliards de DH de prêts consentis

Fogalef est un fonds de garantie destiné au personnel de l’Education. Au total, ce sont 27 757 prêts qui ont été octroyés pour un montant global de 4,423 milliards de DH. Ces crédits ont bénéficié à  21 300 fonctionnaires de l’Education.
Trois types de crédits sont prévus. Le premier est subventionné à  hauteur de deux points du taux d’intérêt. Le prêt est ainsi octroyé à  un taux préférentiel de 4,5 % pour un montant maximal de 200 000 DH. Le second type de prêts est complémentaire. Plafonné à  300 000 DH, il est applicable à  un taux préférentiel de 6,5%. Le troisième type de prêt est intitulé «petit crédit». Son montant ne doit pas dépasser 80 000 DH pour un taux de 2,5 % et une durée inférieure à  10 années. L’avenant de ce dernier type a été signé le 27 janvier 2006. Il a été instauré après la suppression d’une aide directe de 20 000 DH que la Fondation Mohammed VI pour les Å“uvres sociales des enseignants octroyait aux bénéficiaires de la garantie Fogalef .

Fiasco
Le Fogaloge public ne prend pas

Depuis sa mise en service, ce fonds de garantie, destiné aux fonctionnaires du public, n’a pu bénéficier qu’à  57 personnes, pour un montant de 6 MDH. Deux raisons sont derrière ce blocage, explique-t-on auprès de la CCG. Destiné aux fonctionnaires, le Fogaloge n’a pu concurrencer les autres systèmes d’aide au logement dont disposent déjà  la plupart des administrations et des offices publics. La seconde raison est en relation avec le paramétrage de ce fonds. Ce dernier prévoit en effet que la mensualité ne doit pas dépasser
35% du salaire net. Ce qui, si l’on fait le calcul, ne présente aucune attractivité pour les fonctionnaires.