Fluctuations de matières premières : le gouvernement choisit Barclays et Natixis pour se couvrir

Des contrats déjà  signés avec les deux banques.
Elles devront monter des dispositifs pour couvrir l’Etat marocain contre la flambée des produits subventionnés.
Les premiers contrats pour les produits pétroliers. Ensuite ce sera le blé.

Le ministère des finances a finalement choisi les deux banques Barclays Bank PLC et Natixis pour mettre en place les premiers dispositifs contre les risques de fluctuations des cours mondiaux de matières premières surtout celles subventionnées notamment les produits pétroliers et, accessoirement, le blé.
Déjà en janvier dernier, un arrêté du Premier ministre avait autorisé le ministère des finances à engager la procédure en lançant une consultation restreinte internationale. Suite à cela, beaucoup de banques de renommée mondiale ont manifesté leur intérêt. Depuis, les services du ministère des finances ont engagé des discussions techniques et ont finalement retenu Barclays et Natixis. Si les discussions ont duré tout ce temps, c’est que, explique-t-on au ministère des finances, «de tels produits ne sont pas faciles à concevoir et à mettre en place». D’autant plus, et c’est là la plus grosse difficulté, que c’est la première fois que des banques, habituées à faire de telles prestations pour le compte d’entreprises, devront monter des solutions de hedging pour un Etat. D’ailleurs, le travail technique de conception des produits vient à peine de commencer. Comme l’explique un haut responsable aux finances, la décision du Premier ministre, publiée dans le dernier Bulletin officiel, «n’est en fait qu’une autorisation donnée au département d’engager des négociations plus poussées avec les deux banques retenues». Et le plus gros reste à faire. Le principe, appelé aussi Hedging, est de passer un contrat avec une banque sur la base d’un cours fixé. Quand le prix dépasse ce cours, la banque paie le différentiel et si, en revanche, il est en dessous, c’est la banque qui gagne, le tout bien entendu moyennant rémunération. Mais pour cela, il faudra que les parties se mettent justement d’accord sur les niveaux de cours retenus et le niveau des primes de risque que devra payer l’Etat marocain pour sa couverture. Au ministère des finances, on indique que ces détails ne sont pas encore connus. Une chose est sûre : les premiers contrats conclus, appelés aussi International Swaps Dealers Association (ISDA) concerneront les produits pétroliers.
D’autres pourraient suivre, plus tard, pour les importations de blé. Quand ces contrats vont-ils être conclus ? «Nous n’en savons rien, répond-on au ministère, car ce sont des produits très complexes à mettre en place, mais nous y travaillons». En tout cas, avec la petite remontée des cours du baril, observée ces derniers jours, le gouvernement devra peut-être se décider rapidement.