Flop des plans d’épargne défiscalisés ? A peine 34 MDH collectés en un an

L’encours était déjà  de 30 MDH à  fin mais 2011. La croissance s’est essoufflée au second semestre. Le plan d’épargne en action domine avec 66% de l’encours total.

Le flop se confirme pour les plans d’épargne défiscalisés. Selon les statistiques les plus récentes obtenues auprès de Bank Al-Maghrib, depuis leur introduction en janvier 2011, ces instruments de placement destinés à encourager l’épargne longue n’ont réussi à drainer que 34,1 MDH à fin novembre dernier pour un total de près de 79 000 comptes ouverts. Pour se rendre compte de la faiblesse de cet encours, rappelons simplement qu’à cette même date, les particuliers détenaient 101 milliards de DH dans leurs comptes sur carnet. Naturellement, on ne peut en espérer autant des plans d’épargne en à peine 11 mois de commercialisation, mais le fait est qu’il a suffi de ce court délai pour que ces nouveaux instruments démontrent de sérieux signaux d’essoufflement. Rappelons en effet qu’à fin mai dernier les plans d’épargne cumulaient déjà 30 MDH d’encours, soit 7 fois plus que ce qui a été capté les 6 mois d’après. Force est de constater, donc, qu’après l’engouement initial de la clientèle, le soufflet est en train de retomber.

Le ratage est d’autant plus marqué lorsqu’on raisonne par type de plan d’épargne. Ainsi 66% des 34,1 millions de DH captés au total profitent au Plan d’épargne action (PEA), soit 22,6 MDH. Le plan d’épargne Education (PEE) arrive en seconde place avec une part de 18% dans l’encours total, soit près de 6,3 MDH. Le reliquat revient au Plan d’épargne logement (PEL) avec 5,2 MDH (16%). Vu cette répartition, le PEE semble avoir réalisé une percée relative durant le second semestre de 2011 puisque sa part pointait encore à 10% en mai 2011. Autant de terrain grignoté sur le PEA et le PEL qui pesaient en mai dernier respectivement 72% et près de 20% de l’encours total.

Auprès des réseaux commerciaux des banques, l’on explique la remontée relative du PEE par le fait que certains clients commencent à le préférer aux contrats d’assurance éducation. «Les PEE commencent à attirer la clientèle grâce à la meilleure visibilité qu’ils donnent en termes de taux de rendement», argumente un responsable clientèle en banque. Quant au PEL, les professionnels justifient le ralentissement noté ces derniers mois par le fait que les clients potentiels sont de plus en plus rebutés par la durée requise avant de profiter du montant capitalisé (3 ans).
Pour ce qui est enfin du PEA, en dépit du net ralentissement constaté suite à la baisse du marché boursier, il demeure le plus prisé de tous les plans et cela tient pour beaucoup, selon les professionnels, au fait qu’il ne soit concurrencé par aucun produit similaire contrairement aux deux autres plans.

Il demeure, dans l’ensemble, que ces plans sont loin d’avoir tenu leurs promesses. Sans en arriver encore à une reconception des produits, les faibles réalisations actuelles plaident au moins pour une accélération de la publication des arrêtés devant fixer le mode de fonctionnement de ces plans, encore sujet à de nombreuses interrogations.