Flambée des prix des fruits et légumes : les grossistes accusent les intermédiaires

– Pendant la grève des transports, la marchandise était disponible au marché de gros, mais les marchés de détail n’étaient pas ravitaillés.
– Les grossistes disent ne pas avoir profité de la situation.

La tomate à  13 et 15 DH le kg, les petits pois frôlant les 20 DH, la pomme de terre à  8 DH… La semaine dernière, les prix des légumes ont atteint des sommets sur les étals des marchés, de Casablanca notamment. Hadj Mohamed Abid, président de la Fédération des commerçants du marché de gros de la capitale économique (252 magasins au total), assure que les commerçants ne sont pour rien dans ce renchérissement subit des fruits et légumes. «Ce qui s’est passé durant la période de la grève nous a été préjudiciable. D’une part, nous avions une abondance de denrées que le défaut de transport nous laissait sur les bras, avec les risques de détérioration et de perdition que cela comporte et, de l’autre, le consommateur mal informé pensait que nous faisions une rétention de la marchandise pour faire monter les prix», explique-t-il.
Hadj Sadki, directeur du marché de gros de Casablanca, confirme cette thèse en se fondant sur les chiffres de la mercuriale du deuxième jour de grève (mercredi 4 avril). Ainsi, indique-t-il, la pomme de terre affichait, ce jour-là , autour de 3,50 DH, la carotte entre 1,50 et 1,80 DH le kilo. Quant à  la tomate, une caisse (de 30 à  32 kg) était commercialisée entre 160 et 180 DH. Le problème est que cette même caisse était écoulée, dans certains quartiers de Casablanca, pour les détaillants des souks et les marchands ambulants, à  350 DH.

Les prix sont revenus à  la normale dès le 10 avril

Tout cela, expliquent les commerçants, montre que la forte hausse a été orchestrée à  l’extérieur du marché qui régule l’offre et la demande. En d’autres termes, ce sont surtout les intermédiaires et sûrement une partie des détaillants qui ont le plus profité de l’absence de la marchandise sur les étals, alors qu’elle était en abondance au marché de gros. Pour Hadj Sadki, une des illustrations du phénomène est que seuls 370 camions qui transportent fruits et légumes dans les différentes parties de la ville et du pays ont transité par le marché de gros durant les jours de grève alors que la moyenne quotidienne habituelle est dans l’ordre de 600.
Dans la journée de mardi 10 avril, c’est-à -dire au moment o๠nous mettions sous presse, les prix avaient retrouvé leurs cours normaux au gros. Les prix de la tomate et de la pomme de terre étaient respectivement de 3 à  4 DH pour la tomate «lisse» et 2,10 à  2,50 DH pour la pomme de terre «non lavée».