Finances publiques : la tension persiste

Les impôts directs et les droits de douane en nette baisse à  fin avril. Les charges de compensation sont contenues au même niveau qu’en 2012…pour l’instant.

Si la tendance actuelle se maintient, il sera difficile de contenir le déficit budgétaire en dessous de 7%, encore moins d’être en ligne avec l’objectif de 4,8% fixé dans la Loi de finances 2013 ou les 5,5% prévus par Bank Al-Maghrib. A fin avril, le solde ordinaire s’élève à -11,88 milliards de DH, soit un peu plus de la moitié des prévisions de la Loi de finances sur toute l’année. Quant au déficit global, il totalise 21,26 milliards de DH. En tenant compte des objectifs de croissance, toutes choses étant égales par ailleurs, on terminerait l’année avec un déficit de plus de 7% du PIB.

En tout cas, l’évolution des indicateurs ne prête pas à l’optimisme. Les recettes ordinaires n’ont progressé que de 1,6% sur les 4 premiers mois de l’année. Elles ont été exclusivement bridées par les recettes fiscales en chute de 3,7%. En cause, les impôts directs et les droits de douane, qui en constituent une partie significative, ont reculé de 9,1% et 19,3%. La baisse des impôts directs est notamment expliquée par une chute de 19,7% des recettes de l’impôt sur les sociétés, à 12,8 milliards de DH. La TGR explique cette évolution par la baisse des paiements effectués par de gros contribuables comme le groupe OCP, Maroc Telecom, des entreprises du secteur financier et des cimenteries.
La petite croissance (pour ne pas parler de stagnation) de 0,2% des impôts indirects est sans effet sur l’orientation des recettes ordinaires. Il en va de même des recettes non fiscales, pourtant en forte hausse de 95% grâce aux revenus de monopole et des participations qui s’élèvent à 3,89 milliards de DH contre 1,43 milliard à fin avril 2012.

Les dépenses de fonctionnement et la charge de la dette en hausse

Au moment où les recettes ordinaires croissent assez mollement, les dépenses suivent un rythme très soutenu. Déjà, 77 milliards de DH sont consommés contre 69 milliards une année plus tôt, soit une hausse de 11,6%. Les dépenses de personnel ont progressé de 4,7% en raison de l’augmentation de la masse salariale structurelle. Les dépenses en matériels et services ont pour leur part flambé. De 11,85 milliards, elles sont montées à 17,3 milliards, soit 46,1% de plus.
Les charges en intérêts de la dette se sont aussi appréciées de 11,8%, compte tenu de la hausse des intérêts de la dette intérieure de 13%, tandis que celles de la dette extérieure ont reculé de 1,8%, à 669 MDH. Les investissements sont également en nette croissance : +36,4%. En revanche, les charges de compensation, 16,5 milliards de DH, sont contenues au même niveau qu’en 2012. Après 4 mois, le taux de réalisation est de 32%. A ce rythme, les ressources budgétisées pourraient suffire. Mais il y a encore un hic, cette situation peut être imputée, entre autres, à la baisse de la consommation des produits pétroliers. Un mauvais signe pour la croissance.