Financement : les propositions du GPBM jugées «vagues» par les PME

Une première mouture de la charte banques-PME a été remise à la CGEM.
Motivation des décisions, produits spécifiques, garanties… Pour la fédération de la PME, beaucoup de points restent à éclairer.

L’éternel problème du financement de la PME par le secteur bancaire trouvera-t-il enfin une solution pérenne ? Il semble que les uns et les autres soient en voie de trouver un compromis. L’on se rappelle qu’en avril dernier, le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) avait entamé des discussions avec la Fédération de la PME/PMI en vue de mettre sur pied une charte définissant les droits et obligations des uns et des autres.
C’est en ce sens que le GPBM a remis, il y a quelques jours, à la Fédération des PME/PMI, un document d’une quarantaine de pages, contenant ses propositions.
Certes, c’est déjà bien, dira-t-on, et les représentants de la PME saluent les efforts faits par les banquiers. Mais, ils leur reprochent d’être vagues sur un certain nombre de points. Il s’agit, entre autres, du délai de réponse acceptable aux dossiers déposés, de la motivation des refus de financement et des propositions d’alternative, entre autres.
Pour un investisseur, par exemple, la fédération trouve injuste qu’un projet mûrement réfléchi soit jeté aux oubliettes par un simple coup de fil du banquier qui ne se sent pas obligé de justifier des décisions prises, pourtant, par des comités de crédit. D’autres points comme la garantie, la tarification ou encore la qualité des prestations de services nourrissent également les appréhensions de la PME/PMI.

La PME demande une approche adaptée à sa taille et à ses spécificités
Hamad Kessal, président de la Fédération de la PME, résume ainsi les revendications de sa corporation : «Parmi les éléments qui entravent notre développement, il y a la nécessité d’une démarche adaptée à la taille et aux spécificités de la PME. Il faut se mettre à la place des petites et moyennes entreprises dont les dirigeants ont du mal à se retrouver dans des procédures complexes d’éligibilité, par exemple, ou encore les systèmes de calcul des taux d’agios et des commissions. A cet égard, nous demandons une simplification des tarifications, permettant une lecture facile et transparente, au lieu de l’imbroglio actuel des dates de valeur des opérations et des commissions…». Un de ses confrères résume ainsi la pensée de M. Kessal : «Nous ne demandons pas à payer moins cher mais plus juste et souhaitons une correspondance plus lisible de nos banques».
Parmi les points les plus chauds évoqués, il y a aussi le recours systématique aux garanties personnelles de l’entrepreneur, ce qui, le plus souvent, revient à hypothéquer son habitation principale. Pour Hamad Kessal, les fonds de garantie comme ceux de la CCG (Caisse centrale de garantie) et de Dar Damane, par exemple, sont une alternative aux cautions qu’on exige des investisseurs. Reste à savoir si les banques voudront se contenter de la couverture assurée par ces organismes.
Une autre interrogation porte sur la démarche à adopter alors à l’égard des SNC (sociétés en nom collectif). A cette question, on explique que, sur les 300 entreprises affiliées à la fédération, moins de 10 % des entreprises ont ce statut juridique et que la fédération s’emploie à le diminuer.
Pour le reste, le président de la fédération va plus loin en envisageant l’instauration d’un bonus/malus encourageant la transparence. Pour lui, c’est une autre manière d’opérer une mise à niveau de la gestion moderne dans les PME

Les PME ne demandent pas à payer moins cher mais plus juste et souhaitent une correspondance plus lisible des banques.
Elles souhaitent en outre une simplification des tarifications, permettant une lecture transparente, au lieu de l’imbroglio actuel des dates de valeur des opérations et des commissions…