Financement des TPE : après Attijariwafa, deux banques préparent leur offensive

Le groupe vient de mettre sur le marché une première offre générique englobant financement, assurance et conseil . Deux autres banques sont sur le point de lancer leurs dispositifs pour les TPE.

Attijariwafa bank vient de dévoiler son dispositif dédié exclusivement aux TPE. Baptisée «Ana Maak», l’offre est articulée autour de plusieurs produits et services, une gouvernance de proximité et un engagement de financement. D’après les responsables de la banque, ce package novateur comprend également des solutions d’assurance pour protéger les TPE et leurs propriétaires des différents risques. Il s’agit de la première offre de son genre sur le marché. A ce jour, aucun autre établissement bancaire ne dédie de dispositif à cette population d’entreprises. Avec à la clé une organisation interne spécifique à la TPE, basée sur une architecture informatique -qui permet une meilleure connaissance du client- et une simplification des procédures de prise en charge des demandes de financement. De plus, cent agences sont dédiées à la TPE dont les demandes seront directement prises en charge par des chargés d’affaires spécialisés.

Le groupe panafricain reconduit ainsi son engagement pour la deuxième année consécutive en consacrant une nouvelle enveloppe de 5 milliards de DH pour financer 20 000 nouvelles TPE. Cependant, il ne sera plus seul pour longtemps sur ce segment de marché. D’après des sources bien placées dans le secteur, une grande banque de la place et une banque française sont sur le point de lancer, elles aussi, une offre à destination de cette population d’entreprises. Leurs responsables ont tenu plusieurs réunions avec des officiels après le lancement de la stratégie pour la TPE. 

Pour rappel, cette feuille de route sur la période 2013-2017 prévoit des mesures de soutien. En l’occurrence un régime fiscal adapté avec un IS à 15% pour les structures réalisant un chiffre d’affaires annuel de moins de 3 MDH, un accompagnement rapproché (pour une durée de deux ans avec des prestations au niveau technique, commercial et de gestion), un dispositif de couverture sociale adapté (les patrons de TPE étant exclus de tout régime) et un volet dédié au financement avec des mesures pour l’amélioration de l’accès des TPE au crédit bancaire. Baptisé Damane Express, ce premier fonds de garantie dédié à ces structures est géré par la Caisse centrale de garantie (CCG). Il couvre à hauteur de 70% les crédits accordés aux TPE dans la limite de 1million de DH.

La stratégie prévoit également la possibilité de mettre en place un fonds d’investissement de proximité qui sera destiné à financer les TPE à hauteur de 3 millions de DH, consacré à l’amorçage à hauteur de 60% et au développement à concurrence de 30%.

La première campagne est rentable pour Attijariwafa bank

Par ailleurs, en plus des acteurs bancaires, les associations de microcrédit figurent en bonne posture pour élaborer des offres destinées aux TPE, bien qu’aucune n’ait franchi le pas à ce jour.

Il faut dire que si ces opérateurs démontrent une appétence à financer et accompagner les TPE, c’est bien en raison de deux types de considérations, en l’occurrence le coût pour servir cette clientèle et son profil de risque. La première est intimement liée à la faiblesse des intérêts et commissions perçus, ce qui pèse sur la rentabilité des dossiers (rapport entre les charges et les revenus générés par les prêts). La seconde, aussi décisive que la première, consiste dans le risque que représentent les TPE dont une bonne partie peine à assurer leur pérennité. D’après les données d’Inforisk portant sur les huit premiers mois de l’année, plus de 3700 TPME ont été déclarées en situation de faillite. 

Cependant, pour la première campagne TPE d’Attijariwafa bank, le bilan est plutôt bon. D’après Hassan Bertal, DGA en charge du marché de l’entreprise, la banque a atteint un bon objectif de financement sur l’enveloppe de 5 milliards de DH destinée aux 20 000 TPE en 2014. Les financements accordés vont en moyenne de 50 000 à 100000 DH. En général, les bénéficiaires sont des structures réalisant un chiffre d’affaires allant de 500000 DH à 3 MDH et exerçant en premier lieu dans le commerce, les services et les métiers de l’artisanat. «Nous avons dépassé la contrainte du risque pour cette clientèle en adoptant un traitement similaire à la distribution du crédit aux particuliers. Donc le risque n’est pas un vrai écueil pour nous. Le vrai sujet reste le coût pour servir cette population nombreuse et dont les besoins sont modiques», analyse M. Bertal. Il souligne toutefois qu’en dépit de ces contraintes, le business de la banque relatif au segment de la TPE a été rentable au titre de la première campagne.